Faites l'essai, juste pour voir. Prononcez son nom et écoutez les réactions. Vous risquez d'attendre pour trouver quelqu'un qui n'en soit pas bleu, qui n'ait pas vibré pour l'un des personnages drôles ou dramatiques incarnés au cinéma surtout, au théâtre un peu, davantage aujourd'hui qu'hier d'ailleurs, elle qui a su, en trente ans de carrière - équitablement partagée entre la France et le Royaume-Uni, entrecoupée de quelques escapades hollywoodiennes -, mettre son talent à l'épreuve des plus grands réalisateurs. Est-ce parce qu'elle cultive comme personne l'art de passer inaperçue quand ça l'arrange et sait se faire rare dans les médias qu'on l'imagine, à tort, discrète et réservée ? D'entrée de jeu, lorsqu'elle nous ouvre la porte de la suite cosy dans laquelle elle reçoit, ce jour-là, quelques journalistes pour parler, un peu, de son nouveau rôle d'égérie pour la gamme de soins anti-âge Premium de Lierac, beaucoup de son parcours pro, de ses projets personnels, aussi, elle lâche une petite vanne caustique, so british. Le second degré, elle adore ça, Dame Kristin. Et elle en use avec délectation dans un français subtil et nuancé, à peine teinté d'un accent. Vêtue d'une blouse claire et d'un pantalon fluide, perchée sur des stilettos qu'elle s'empresse de quitter pour se blottir sans façons dans le canapé, elle a la classe folle de celles qui savent être dans l'instant. Et se moquer des faux semblants.
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