Les architectes aiment le noir. Il suffit de voir leur dress code pour s'en convaincre. Cette (non-)couleur efface le superflu pour mettre en avant l'essentiel, le fond plutôt que la forme. La symbolique aussi, tant ce " fruit défendu ", comme le qualifiait Van...

Les architectes aiment le noir. Il suffit de voir leur dress code pour s'en convaincre. Cette (non-)couleur efface le superflu pour mettre en avant l'essentiel, le fond plutôt que la forme. La symbolique aussi, tant ce " fruit défendu ", comme le qualifiait Van Gogh, véhicule, à travers les cultures, des connotations variées et souvent fortes. En matière de construction également, les concepteurs se plaisent donc à composer avec cet absorbeur de rayons solaires, qui fait mentir l'adage corbusien selon lequel l'art de bâtir est " le jeu savant, correct et magnifique des volumes assemblés sous la lumière ". Ici, seuls les aspérités des textures et le contraste avec d'autres matériaux apportent un supplément plastique. Mais ce ton charbon joue aussi un rôle important techniquement et fonctionnellement. Il est ainsi utilisé pour les murs-rideaux de gratte-ciel, afin de maintenir une température intérieure confortable, ou dans des lieux de grande intimité, pour y favoriser des activités introspectives. Au fil des pages de ce volume à la couverture ébène, les éditions Phaidon parcourent le monde à la recherche de ces black boxes qui malgré leur noirceur transcendent leur environnement... Un éclairage remarquable sur un sombre propos.