De leurs pieds nus, elles caressent les pierres qui pavent l'entrée du Bourlaschouwburg d'Anvers. Elles viennent d'un peu partout, s'étant trouvées ici un point d'ancrage, la danse made in Belgium comme attrait supérieur. En une chorégraphie élégante signée Gilles Polet, sur le Dreamland du Colorist Orchestra, ces neuf danseuses émouvantes semblent, le temps d'un instant, faire abstraction du bruit et de la fureur qui agitent le monde au dehors. C'est qu'en ce mois de septembre, période pré-Fashion Week, elles présentent la garde-robe voulue par Veerle et Elke Baert, labellisée Furore, comme far furore, à traduire par " faire fureur ", on y sous-entend le succès, la confiance en soi, d'autant plus que le nom " sonne bien dans toutes les langues " - elles rêvent pour leur griffe, implantée dans la ville de Brabo, d'une vocation internationale. La première, 62 ans, fière de son appartenance à la famille brassicole Moortgat, est par ailleurs CEO du Flanders Fashion Design International, cette société belge, basée à Nevele, qui compte aussi dans son portefeuille les marques Julia June, Amania Mo et Giovane. La seconde, 31 ans, formée à Londres à l'Istituto Marangoni, n'a eu de cesse de s'exprimer à travers le vêtement. En 2013, elle mettait Furore sur les rails pour la laisser ensuite au repos avant de la relancer aujourd'hui, tambour battant, avec le soutien énergique de sa maman. A la clé, une collection intemporelle et permanente, et une autre en édition limitée. Elle y a convoqué le minimalisme et l'architecture, le confort et des prints exclusifs pour un vestiaire de " femmes entrepreneuses ". Et, dans la signature, sa marque s'est offert une fioriture typographique, un O souligné d'une barre qui fait référence à sa devise : " We want women to be empowered. " En guise de bénédiction pour ce baptême dansant, elle boucle la boucle : " Starting a business is like dancing, if you don't move, nothing happens. "

Furore, 15, Komedieplaats, à 2000 Anvers. www.furore.fashion