Marine Serre

Elle pousse son essence à l'extrême, avec une justesse imparable. La créatrice française de 26 ans, formée à La Cambre mode(s) et couronnée du prix LVMH 2017, introduit dans sa deuxième collection officielle une ligne couture, entièrement faite de pièces upcyclées, et de l'outerwear avec logo hautement désirable. (R)évolution hardcore.
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Elle pousse son essence à l'extrême, avec une justesse imparable. La créatrice française de 26 ans, formée à La Cambre mode(s) et couronnée du prix LVMH 2017, introduit dans sa deuxième collection officielle une ligne couture, entièrement faite de pièces upcyclées, et de l'outerwear avec logo hautement désirable. (R)évolution hardcore.Une silhouette sur le fil, qui se joue des clichés. Une héroïne issue d'un imaginaire foisonnant, où se côtoient les femmes du cinéma de Chantal Akerman, Claude Chabrol et Michael Haneke. Des effets de matières, du crochet, des jeux de transparence, du jaune bouton d'or ou du menthe à l'eau. Et toujours ce don pour sculpter les corps.Une idée - " la réalité n'est qu'une ombre " - comme point de départ d'une collection. Ou quand le mythe de la Caverne inspire, merci Platon. Le créateur basé à Anvers dégrade ses popelines de coton en clair-obscur, met en lumière les imperfections naturelles et travaille toujours autant les dos, avec amour, avec talent." Une vision personnelle d'aujourd'hui. Ni une nostalgie du passé, ni une fixation sur le futur. " Dries Van Noten structure une garde-robe lyrique qui marie les contrastes, comme toujours mais sans lasser jamais. Il y a des plumes, des sequins, des rayures, de l'utilitaire et du somptueux, de l'opulent et du sportif, du minimal et du drapé, du mat et du brillant - son abécédaire heureux.Voyage imaginaire, direction l'Extrême-Orient, empruntez la route de la soie. Le créateur bruxellois qui oeuvre à Anvers mélange les motifs floraux, asymétriques, et les carreaux, joli cocktail d'influences. Et pour la première fois, il signe des chaussures et des accessoires " made in Italy " qui font écho à sa collection primesautière.Le désir comme état d'âme. Et en toile de fond l'Italie, le Rinascimento, la Grèce antique, l'été. Des vêtements architecturaux, où la ligne importe, de même la coupe, rigoureuse. Cédric Charlier contraste la peau nue et l'abondance - des plis, des fronces, des imprimés foulards, des oeillets amalgamés en bijou tintinnabulant. La sensualité de très près.Les territoires arpentés par Sébastien Meunier, dans les pas d'Ann Demeulemeester, se parent de batiste, de gaze et de voiles, de tons poudrés, de noir et blanc. Epris de romantisme et donc de rock, de langueur et de nuits qui appartiennent aux amants, fasciné par cette Inconnue de la Seine qui s'y noya, il sangle et désangle ses belles éthérées.Il fera toujours dans la dentelle, que personne ne le lui reproche. Mais cela ne l'empêche pas de venir nourrir son vestiaire ultraféminin de transferts grandeur nature des poupées de l'artiste surréaliste Hans Bellmer. Depuis vingt ans, le créateur fantasme celle " qui marche dans la beauté ", mystère compris.Une fille en costard dont l'alter ego n'est pas très loin. " I'm Your Man ", murmure Leonard Cohen tandis que le créateur fait ce qu'il fait de mieux : des pantalons près du corps ou carrément XXL, des jacquards ensoleillés, des bolo-ties, des santiags et des chemises à lavallière grand style.Le jeune Brugeois, lauréat du Prix de l'Andam 2017 et des Belgian Fashion Awards (2018), connaît ses classiques. Avec brio, Glenn Martens poursuit son travail de déconstruction et son jeu sur les proportions. Le tout marqué par une grâce contemporaine. Il lance sa première ligne d'accessoires, sacs accordéon, minaudières transparentes et lunettes solaires, et prouve avec humour qu'il a tout compris de la mode et de son industrie.