Lorsqu'il découvre Marrakech, en 1966, Yves Saint Laurent tombe amoureux de la ville rose. Il en fera son refuge et sa source inépuisable d'inspiration. Il viendra aussi au secours de son patrimoine en sauvant, avec son compagnon Pierre Bergé, le jardin de Jacques Majorelle, en 1980. Un lieu unique où se côtoient des centaines de variétés d'arbres et de plantes rares, des cactus en particulier. Près de quarante ...

Lorsqu'il découvre Marrakech, en 1966, Yves Saint Laurent tombe amoureux de la ville rose. Il en fera son refuge et sa source inépuisable d'inspiration. Il viendra aussi au secours de son patrimoine en sauvant, avec son compagnon Pierre Bergé, le jardin de Jacques Majorelle, en 1980. Un lieu unique où se côtoient des centaines de variétés d'arbres et de plantes rares, des cactus en particulier. Près de quarante ans plus tard, la filiale Yves Saint Laurent Beauté, propriété de L'Oréal, crée à son tour un espace évolutif entièrement dédié à l'étude des plantes à des fins cosmétiques. L'endroit, qui ne se visite pas, est cultivé en partenariat avec une coopérative de femmes afin de les aider à acquérir une autonomie financière et à envoyer leurs filles à l'école. " A l'origine du projet, il n'y avait qu'un champ cultivé, rappellent Eric Ossart et Arnaud Maurières, les deux paysagistes en charge du projet. Nous avons intégré des carrés de plantation dans lesquels se retrouvent les plantes chères à Yves Saint Laurent et des ingrédients indispensables à la fabrication de certains produits de la marque. " Au total, pas moins de quarante espèces occupent aujourd'hui trois espaces distincts : le premier accueille le pistil de safran mais aussi la feuille de noyer et le calendula, des actifs que l'on retrouve dans les soins visage, notamment l'iconique Touche Eclat. Le deuxième, appelé " collection botanique ", est une zone de test permettant d'expérimenter de nouveaux composants. Le dernier, enfin, rend hommage à la passion qu'avait le créateur parisien pour les fleurs. En s'appuyant sur le savoir-faire agricole local, Les Jardins de l'Ourika participe à la conservation de techniques manuelles - notamment l'irrigation gravitaire - trop souvent ignorées au profit d'une mécanisation intensive. Les espèces s'y développent en parfaite harmonie, les palmiers ombrant les arbres fruitiers qui eux protègent les herbes aromatiques. Un lieu bienveillant qui conforte l'engagement du groupe cosmétique à mettre en place des modes de fabrication plus durables.