Cette année, Maison Margiela sort deux bagues hautement désirables en métal patiné - l'une dorée ; l'autre argentée - et en profite pour revisiter habilement ses légendaires Tabi Boots. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Dès l'automne 1989, à l'occasion...

Cette année, Maison Margiela sort deux bagues hautement désirables en métal patiné - l'une dorée ; l'autre argentée - et en profite pour revisiter habilement ses légendaires Tabi Boots. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Dès l'automne 1989, à l'occasion de son tout premier show, Martin Margiela fait défiler ses mannequins chaussés de bottines en cuir à bout fendu. Revenu d'un voyage au Japon, il s'inspire en réalité des tabi japonaises, des chaussettes traditionnelles datant du XVe siècle qui séparent le gros orteil des autres, permettant ainsi d'être portées avec des sandales. Non satisfait de présenter simplement une pièce aussi fascinante que clivante, le créateur belge s'assure de marquer le coup lors du final de son défilé : les chaussures des modèles, préalablement trempées dans de la peinture rouge, laissent, sur le tissu blanc recouvrant le catwalk, des empreintes de sabots - ce qui continue, aujourd'hui encore, d'induire en erreur bon nombre de personnes sur l'inspiration originelle du légendaire soulier. De nos jours, les Tabi Boots sont à Margiela ce que le Birkin est à Hermès : une icône de la maison, la quintessence du savoir-faire inimitable de son prodigieux géniteur.