Depuis une trentaine d'années, le photographe Serge Anton sillonne le globe pour en écouter le pouls, cerner ses contours et capter la part d'humanité qui, contrairement aux apparences, continue à couler dans ses veines. Né d'un père architecte paysagiste qui aida notamment Mobutu à dessiner ses jardins zaïrois, ce résident bruxellois ne peut pas s'empêcher de prendre le large. Sa collection d'objets exotiques - tapis, vases, b...

Depuis une trentaine d'années, le photographe Serge Anton sillonne le globe pour en écouter le pouls, cerner ses contours et capter la part d'humanité qui, contrairement aux apparences, continue à couler dans ses veines. Né d'un père architecte paysagiste qui aida notamment Mobutu à dessiner ses jardins zaïrois, ce résident bruxellois ne peut pas s'empêcher de prendre le large. Sa collection d'objets exotiques - tapis, vases, bijoux... - garnit une caverne d'Ali Baba dont il ne révèle l'adresse à personne. Et ses explorations, ajoutées à son goût pour la décoration, l'ont mené vers des horizons aussi proches que lointains, entre l'ornement de restaurants - Rouge Tomate à Bruxelles - ou d'hôtels - le Bristol à Paris, le Dar L'Oussia à Essaouira. Mais quoi qu'il fasse, il en revient toujours à l'essentiel. Le voyage en photos. Le décor qui saisit. La rencontre qui captive. Et des portraits qui résument un peu tout ça, révélant la lumière enfouie dans chaque être humain, peu importe d'où il vient. Ce n'est pas un hasard si Voyageurs du Monde, organisateur d'escapades ethno-chics et sur mesure, a fait appel à l'intéressé pour célébrer les 10 ans de son antenne belge, en montant une exposition dans ses bureaux de Bruxelles. Sur les murs : d'immenses impressions sur canevas, où l'on découvre des visages d'hommes, de femmes et d'enfants ayant accepté - aucun instant n'est volé - d'être immortalisés par la lentille du globe-trotteur. Peaux lisses ou burinées, cheveux noirs ou ensablés, barbes blanchies ou traits assiégés par le temps... Sur chaque image, c'est une vie qui est partagée, échangée contre notre capacité à imaginer le paysage qui l'a vue grandir. Un condensé de regards à l'aura spirituelle, extraits du splendide livre Faces paru en 2017 (éditions Lannoo). Entre Serge Anton et Voyageurs du monde, la magie ne pouvait qu'opérer : les deux défendent des valeurs faites d'authenticité et d'émotions, à travers des évasions qui s'achètent mais qui n'ont pas vraiment de prix.