Il détestait le glamour, parce que, tout simplement, " cela ne sert à rien, cela ne se mange pas, c'est totalement inutile ". Ce que Peter Lindbergh (1944-2019) captait était ailleurs, à un autre niveau de conscience, là où se nichait son respect de Vincent Van Gogh, du nouveau réalisme, des maîtres flamands, de la narration comme fil conducteur souvent noir et blanc, mais plus encore là où se lovait son envie de " libérer les femmes de la dictature de la perfection et de la jeunesse ". Car ce photographe humaniste, né Brodbeck, savait qu'il suffisait d'une chemise blanche pour laisser le reste devenir phénomène. En 2018, un an avant son grand départ, il entraîna les mannequins qu'il aimait dans les rues new_yorkaises, pour quelques journées aventureuses in situ, dans Times Square, où il s'était agi de faire vivre 80 silhouettes issues des archives de la maison Dior. Le résultat est là, sous vos yeux, qui paraît chez Taschen, doublé d'un autre volume et de 100 clichés diorissimes signés par lui et publiés au cours des trente dernières années dans le Vogue, le Harper's Bazaar ou le Vanity Fair. Rest in peace.

Dior/Lindbergh, par Peter Lindbergh, coffret en deux volumes, New York et Archives, Taschen.