Et c'est l'occasion de rappeler que le plus populaire des signes de paix n'a pas été imaginé par des hippies californiens pendant un sit-in à Haight-Ashbury, en pleine contestation contre la guerre du Vietnam. Oeuvre bénévole de l'artiste brit...

Et c'est l'occasion de rappeler que le plus populaire des signes de paix n'a pas été imaginé par des hippies californiens pendant un sit-in à Haight-Ashbury, en pleine contestation contre la guerre du Vietnam. Oeuvre bénévole de l'artiste britannique Gerald Holtom, il est apparu une décennie plus tôt, de l'autre côté de l'Atlantique, et poursuivait à l'origine un but bien précis : militer pour la dénucléarisation. La " croix de Néron ", ainsi encerclée, schématise deux positions de l'alphabet sémaphore, N et D pour " Nuclear Disarmament ". Déployé pour la première fois en public le 4 avril 1958, le célèbre macaron connaîtra un succès immédiat, avant de devenir, au fil des décennies, un emblème pacifiste - d'une certaine manière, les thématiques tendent à se rejoindre, on l'accorde. Avec la résurgence conjointe des manifs pour l'environnement et de l'épineuse question de la sortie du nucléaire, on se dit d'ailleurs que le logo de Gerald Holtom a décidément tout pour revenir à la mode. En attendant, qu'il s'agisse de la Pax universa ou de la Pax climatica, on n'en est pas encore là - d'autant que, pour bon nombre de nos contemporains, le mot " pax " évoque avant tout le nom d'une garde-robe Ikea.