Née à Grammont, elle a étudié les langues, s'est essayée au sous-titrage et a fait du Web design, mais c'est la photo qu'elle a toujours eue en ligne de mire. Manque de bol: quelques mois après s'être (enfin) lancée comme indépendante, le confinement s'est mis en tête de gâcher la fête. Sauf que la jeune trentenaire l'a vu comme un défi. Une occasion de prendre (...

Née à Grammont, elle a étudié les langues, s'est essayée au sous-titrage et a fait du Web design, mais c'est la photo qu'elle a toujours eue en ligne de mire. Manque de bol: quelques mois après s'être (enfin) lancée comme indépendante, le confinement s'est mis en tête de gâcher la fête. Sauf que la jeune trentenaire l'a vu comme un défi. Une occasion de prendre (déjà) un autre élan. Alors elle est partie se promener à bicyclette comme elle a toujours aimé le faire. Et elle a continué à shooter sa ville, comme elle le fait depuis quelque temps via son projet Everything Brussels. Une capitale vide, silencieuse, figée. Mais d'où surgit une idée: aller à la rencontre de ceux qui ont été priés de rester derrière ses murs. "Vu la situation, je ne pouvais pas rentrer chez eux, et ils ne pouvaient pas bouger, donc j'ai choisi de les photographier sur le pas de leur porte. J'ai posté quelques clichés sur le groupe Facebook de Laeken, où je vis. Puis il y a eu un effet boule de neige, et j'ai reçu plein de messages d'habitants qui voulaient que je leur rende visite. A un certain moment, j'ai dû m'organiser afin de rallier un maximum de communes, en créant des itinéraires avec les adresses sur une carte. Les gens étaient hyper-enthousiastes de me voir débarquer avec mon vélo et mon appareil. Certains proposaient même de poser avec un objet ou une tenue qui leur tenait à coeur, ce qui ajoutait une touche encore plus créative à ma démarche." Le résultat? Une série de 430 instantanés baptisée Lockdown Portraits, soit une longue et souriante balade à travers les quartiers d'une ville certes groggy, mais beaucoup moins maussade qu'elle ne l'imaginait...