Lorsqu'à la fin de l'interview, Charles Crombez vous gratifie d'un smack enfantin sur la joue parce qu'il a aimé ce jeu de questions-réponses, vous ne pouvez que fondre... et penser que dans dix ans, quand le gosse en jeans, baskets et polo sera devenu une star, vous pourrez vous vanter d'avoir, un jour, reçu ce gentil présent. Pour l'heure toutefois, c'est avant tout un gamin ordinaire à qui il est arrivé une aventure extraordinaire.
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Lorsqu'à la fin de l'interview, Charles Crombez vous gratifie d'un smack enfantin sur la joue parce qu'il a aimé ce jeu de questions-réponses, vous ne pouvez que fondre... et penser que dans dix ans, quand le gosse en jeans, baskets et polo sera devenu une star, vous pourrez vous vanter d'avoir, un jour, reçu ce gentil présent. Pour l'heure toutefois, c'est avant tout un gamin ordinaire à qui il est arrivé une aventure extraordinaire. Tout commence le jour où son prof de théâtre, Marianne Wéry, et la directrice de l'académie de Braine-le-Comte, Ingrid Bauwin, repèrent une annonce pour un casting qui correspond parfaitement au profil de leur élève à la tignasse flamboyante. Les parents de Charles - pas du tout à l'affût de ce genre d'opportunités - décident avec leur fils de tenter le coup, pour l'expérience. " J'ai commencé à suivre ces cours parce que mon frère, Gauthieu, qui a 15 ans, y était déjà inscrit et que ça avait l'air sympa... Mais je n'avais jamais imaginé faire du cinéma ", explique sérieusement le comédien en sirotant un Coca " qui pique ". Quelques jours plus tard, il se retrouve, à Bruxelles, pour la sélection, au milieu d'une kyrielle d'autres candidats vêtus d'une salopette bleue et d'une blouse jaune. Rapidement, il convainc les réalisateurs, Alexandre Charlot et Franck Magnier, et part à Paris pour faire des essais, avec Bill cette fois. " Ça a tout de suite collé entre nous. C'était la condition pour que je sois choisi. Quand on m'a annoncé la nouvelle, j'étais fou de joie... Et puis, je me suis dit : olala, tu vas devoir t'accrocher, Charles ! " se rappelle l'enfant. Le cocker séduira tellement le gosse - et ses parents qui le suivent lors du tournage - que la famille finira par adopter non pas le chien acteur principal, mais sa doublure pour trois scènes, Bill 2 (en photo avec Charles), pour le ramener dans leur foyer, à Hoves. Cinquante-quatre jours de tournage plus tard, après avoir appris à faire du skate pour les besoins du rôle, répété les textes avec son coach - l'acteur belge Carlo Ferrante -, donné la réplique à Franck Dubosc - " très sympa et rigolo " - et Marina Foïs - " pro et exigeante ", pris à bras une tortue - Caroline - pour la première fois de sa vie et passé une journée entière, pour une seule scène, dans une benne à ordures... l'acteur reste exalté. Son rêve, forcément inaccessible : jouer dans un Louis de Funès. " Tout est chouette dans ce métier ", lance celui qui était déjà fan de la BD Boule & Bill bien avant toute cette histoire. " Le plus difficile, c'est de ne pas regarder les caméras. Il faut faire comme si c'était la vraie vie et ne fixer que les autres personnages ", nous enseigne-t-il très sûr de lui, avant de se rouler par terre avec Bill 2, pour lui rappeler qu'il l'aime " si fort ". Suite au tournage, les parents de l'acteur trouvent qu'il a mûri... Et on ne peut qu'être d'accord quand on voit l'aplomb avec lequel ce bonhomme raconte ce qui lui est arrivé. " Je n'ai pas fait cela pour l'argent... Il y a bien plus important, la famille par exemple. Et je suis resté le même avec mes copains. Quand ils m'appellent Boule, ça m'énerve... " Sa classe de l'école Soignies-Carrières a d'ailleurs eu la chance de rendre visite au petit comédien sur le site du tournage. Alors que le film sort le 27 février, Charles a désormais retrouvé sa vie ordinaire, ses leçons de piano et de natation, sa meute de louveteaux, ses CD préférés - Roméo & Juliette, One Direction, Abba et Sinatra en tête - et son frère - " qui est super et s'occupe bien de moi ". Mais nul doute que dans la tête de ce gamin qui se dit " jovial, détestant l'injustice et un peu têtu ", une petite flamme s'est allumée... et n'attend qu'à être ravivée. PAR FANNY BOUVRY" SON RÊVE : JOUER DANS UN LOUIS DE FUNÈS. "