En ce mercredi matin, le code jaune est déclaré en raison de la tempête Francis qui se déchaîne. Légèrement décoiffée, un trépied photo en main, Lies Mertens arrive sur notre lieu de rendez-vous. " Vous me croyez si je vous dis que ces sacs viennent d'être livrés, aujourd'hui, à 7 heures ? , s'exclame la créatrice. Je ne les ai pas encore déballés, vous pourrez vérifier en direct avec moi si tout est conforme. "
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En ce mercredi matin, le code jaune est déclaré en raison de la tempête Francis qui se déchaîne. Légèrement décoiffée, un trépied photo en main, Lies Mertens arrive sur notre lieu de rendez-vous. " Vous me croyez si je vous dis que ces sacs viennent d'être livrés, aujourd'hui, à 7 heures ? , s'exclame la créatrice. Je ne les ai pas encore déballés, vous pourrez vérifier en direct avec moi si tout est conforme. " Elle semble ravie. Ces derniers mois, avec son équipe et un stagiaire, elle a tout mis en oeuvre pour assurer, dans les temps, la production de la nouvelle ligne. Ce cuir a un bien meilleur toucher que le prototype précédent, s'enthousiasme-t-elle en retirant de l'emballage un sac à dos noir. Mais ils ont mis la mauvaise doublure. Conclusion : rien de tel que d'être sur place. " Aujourd'hui, sa collection pour hommes est shootée à la Haptic House à Anvers, en présence de son égérie Ben Storms, le designer connu pour ses réalisations en marbre et en acier. Pendant que le photographe se prépare, Lies Mertens continue à parler, pleine d'entrain. " Depuis le lancement du label, on me demande régulièrement si j'ai prévu de confectionner des créations masculines. J'ai longtemps considéré que c'était une question difficile, parce qu'il me semblait que je ne maîtrisais pas complètement l'évolution de notre ligne féminine. Finalement, j'ai senti que nous étions prêts. " La collection se compose d'un porte-documents et d'un sac à dos en cuir. Cela faisait deux ans qu'elle avait le design de ce dernier en tête. Mais la crise du coronavirus a entravé sa fabrication. " Normalement, je me rends dans notre atelier de confection au Portugal toutes les huit semaines, pendant le processus de production, explique l'Anversoise. Le personnel y fait preuve de beaucoup de savoir-faire et d'expertise, c'est pourquoi nous réalisons souvent nos échantillons ensemble. Pour la première fois en trois ans, j'ai dû travailler depuis la maison. " La cuisine de son appartement bruxellois a dû servir d'atelier pour tous les échantillons et prototypes en papier. " Maintenant, je n'arrive pas à enlever les traces de colle rapide sur ma table, plaisante-t-elle en haussant les épaules. C'était chouette de repartir de zéro. William, notre stagiaire, a pu confectionner tous les prototypes en cuir dans l'atelier de sa mère. Régulièrement, on s'appelait sur Skype, et le plus souvent, il voyait immédiatement ce que je voulais dire. C'est pourquoi j'ai décidé de lui rendre hommage en baptisant le sac à dos William. " Pendant ce temps, à l'atelier, la séance photo de Ben Storms se poursuit intensivement. Pour la première fois, la créatrice de sacs a décidé de travailler avec des " ambassadeurs ". Pour ce faire, elle a choisi des hommes ayant un travail exigeant qui réclame un esprit pratique. Les nouveaux sacs devraient simplifier grandement leur vie trépidante. " J'ai contacté Ben parce que je suis fan de ses réalisations. Même s'il propose des produits complètement différents des miens, notre philosophie de création épurée est très similaire. " Outre le designer, la créatrice a choisi l'homme politique flamand Imade Annouri (Groen). " Nous avons les mêmes convictions. Imade est très impliqué dans la société. Les gens seront toujours sa priorité. " Lies Mertens a dû laisser son projet d'élargissement au marché européen en suspens. " En fait, nous devions aller à Paris fin juin pour travailler avec des acheteurs internationaux, et cela n'a pas pu se faire à cause de la pandémie. Mais ce n'est que partie remise. "