Le son plutôt que l'image. Une démarche a priori curieuse pour le secteur du luxe, qui n'aime rien tant que montrer ses produits afin de susciter l'acte d'achat. Pourtant, les marques surfent toujours davantage sur la vague des podcasts, en produisant leurs propres contenus audio, disponibles à la demande selon le modèle bien connu des YouTube, Spotify ou Netflix. A tel point que le phénomène, qui ne nécessite pas de gros investissements techniques et se veut démocratique - chacun peut s'y lancer, chacun peut écouter - pourrai...

Le son plutôt que l'image. Une démarche a priori curieuse pour le secteur du luxe, qui n'aime rien tant que montrer ses produits afin de susciter l'acte d'achat. Pourtant, les marques surfent toujours davantage sur la vague des podcasts, en produisant leurs propres contenus audio, disponibles à la demande selon le modèle bien connu des YouTube, Spotify ou Netflix. A tel point que le phénomène, qui ne nécessite pas de gros investissements techniques et se veut démocratique - chacun peut s'y lancer, chacun peut écouter - pourrait connaître la même explosion que celui des blogs au début des années 2000. C'est Chanel qui a joué les précurseurs, dès 2017 en collaboration avec Colette à l'occasion de la fermeture du mythique concept store parisien, puis en solo avec 3.55. Mais l'institution de la rue Cambon a été rapidement suivie par Chloé, Margiela, Guerlain ou Lancôme, notamment. Fin février dernier, Hermès s'engouffrait dans la brèche avec Le Faubourg des Rêves, dévoilant les coulisses de sa boutique historique via diverses interventions enregistrées de ses protagonistes. Une étape supplémentaire dans ce storytelling cher aux grandes maisons qui, dans ce cas-ci, cherchent moins à vendre leurs collections qu'à valoriser leur prestige. En outre, à une époque où l'on est saturé de photos et d'infos, le plus souvent anxiogènes, ces capsules sonores ont l'avantage de représenter une communication constructive et enthousiasmante. Or, nous n'avons jamais eu autant besoin de signaux positifs. Dans un domaine radicalement différent, c'est la réflexion à laquelle étaient arrivés Jonathan Bradfer et sa compagne Pascale Sury lorsqu'ils ont décidé d'aller rencontrer ceux qui, sur les cinq continents, " oeuvrent pour un avenir meilleur " et " n'ont pas attendu que le monde change pour changer le monde ". A travers leurs films, et leur livre à paraître ce 20 mars, ils relatent comment des hommes et des femmes ont opté pour d'autres valeurs, des steppes de Sibérie au désert de Namibie en passant par la Papouasie, le Groenland, le Chili, le Bangladesh, l'Equateur, l'Australie... ou encore le Bhoutan, où le couple a pu prendre la mesure de ce fameux indice de Bonheur National Brut, imposé dès 1970 par le quatrième roi du pays et qui prévaut dans la gouvernance de ce dernier. Avant de repartir arpenter la planète, en avril prochain et pour trois ans, les deux reporters-baroudeurs nous ont confié ce que leur périple leur a apporté. " N'ayons plus peur, osons passer à l'action ", concluent-ils, d'une seule voix. Au fond, peu importe le canal, pourvu que le message passe.