Jean Paul Knott

La transformation. "C'est une robe que j'ai appelée "drap de lit" ou "sheet dress" et que je crée chaque saison - je ne sais pas faire autre chose que ce que je fais depuis vingt-et-un ans, désolé! En réalité, je travaille toujours sur la même pièce. Je crois dans la durabilité - faire des vêtements qui durent et que l'on puisse coordonner de saison en saison. Cela fait partie de mon approche: regarder dans le passé ce que j'ai créé pour le recréer. C'est pour cette raison que je ne crois pas aux tendances et que je travaille sur des moments plutôt que des saisons. Et si j'ai choisi cette "sheet dress", c'est parce que je trouve que l'un des plus jolis mouvements, c'est une femme qui s'enroule dans un drap de lit quand elle se lève... Elle était bleue au départ, je l'ai trempée dans l'acide et l'eau de javel pour enlever la couleur et j'ai peint par-dessus avec des encres, un peu à la Jackson Pollock, j'aime l'idée de taches et d'imperfections. Ce morceau de tissu en satin de soie italien, je l'ai travaillé à la façon du kimono, où l'on ne coupe pas mais où l'on plie, on coud et puis on en fait ce que l'on veut... Le kimono est entré dans mon vocabulaire dès mon premier voyage au Japon, il y a trente-deux ans, j'étais alors assistant au studio d'Yves Saint Laurent. Depuis, je les collectionne et pour ma petite série JPKnott édition spéciale, je les transforme. J'aime cette paresse de ne pas devoir découper le tissu, de le garder intact et de jouer avec lui qui s'enroule autour du corps, versatile. Et puis il est infiniment codé: la longueur des manches, la façon de nouer l'obi, même ses couleurs veulent dire quelque chose. Ma démarche sur le vêtement est proche de tout cela, je veux revenir aux sources des moments de la vie. Comme à mes débuts: no season, no colour, no sex, no fashion."
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La transformation. "C'est une robe que j'ai appelée "drap de lit" ou "sheet dress" et que je crée chaque saison - je ne sais pas faire autre chose que ce que je fais depuis vingt-et-un ans, désolé! En réalité, je travaille toujours sur la même pièce. Je crois dans la durabilité - faire des vêtements qui durent et que l'on puisse coordonner de saison en saison. Cela fait partie de mon approche: regarder dans le passé ce que j'ai créé pour le recréer. C'est pour cette raison que je ne crois pas aux tendances et que je travaille sur des moments plutôt que des saisons. Et si j'ai choisi cette "sheet dress", c'est parce que je trouve que l'un des plus jolis mouvements, c'est une femme qui s'enroule dans un drap de lit quand elle se lève... Elle était bleue au départ, je l'ai trempée dans l'acide et l'eau de javel pour enlever la couleur et j'ai peint par-dessus avec des encres, un peu à la Jackson Pollock, j'aime l'idée de taches et d'imperfections. Ce morceau de tissu en satin de soie italien, je l'ai travaillé à la façon du kimono, où l'on ne coupe pas mais où l'on plie, on coud et puis on en fait ce que l'on veut... Le kimono est entré dans mon vocabulaire dès mon premier voyage au Japon, il y a trente-deux ans, j'étais alors assistant au studio d'Yves Saint Laurent. Depuis, je les collectionne et pour ma petite série JPKnott édition spéciale, je les transforme. J'aime cette paresse de ne pas devoir découper le tissu, de le garder intact et de jouer avec lui qui s'enroule autour du corps, versatile. Et puis il est infiniment codé: la longueur des manches, la façon de nouer l'obi, même ses couleurs veulent dire quelque chose. Ma démarche sur le vêtement est proche de tout cela, je veux revenir aux sources des moments de la vie. Comme à mes débuts: no season, no colour, no sex, no fashion." jeanpaulknott.com La transformation. "Si j'ai désiré upcycler une pièce de ma nouvelle collection, c'est parce que cela me permettait, peut-être, d'envisager de l'enrichir, d'ouvrir une porte. Je suis partie d'une blouse blanche très large avec un beau volume dans un coton qui provient d'une fin de stock - j'essaie d'utiliser des tissus écoresponsables, locaux. J'ai pris beaucoup de plaisir à la travailler. Je me suis lancée dans un procédé de teinture naturelle. Je suis très engagée sur l'écologie dans ma marque et dans ma vie privée - on sait que les déchets de la teinture de l'industrie de la mode représentent à peu près 20% de la pollution des eaux de cette planète... Dans la cuisine de mon atelier bruxellois, j'ai fait des tests de teintes naturelles, avec des myrtilles et des fruits rouges, des noyaux d'avocat qui donnent un rose très doux et du curcuma, au jaune magnifique. Je pense qu'en ce moment, nous avons tous besoin de couleurs et de lumière et toutes ces teintures vivent, elles peuvent changer avec le soleil, avec le temps. J'ai ensuite composé et monté la blouse en un véritable exercice de curiosité. C'était très ludique et cela m'a donné à nouveau envie de créer. Cela fait plus de dix ans que j'ai terminé mes études à La Cambre mode(s). Au début, je me suis spécialisée dans les bijoux et les accessoires, pour Givenchy et Louis Vuitton. Et puis j'ai eu envie de me lancer, à mon nom, c'était en mars 2015, j'avais fait mes armes et j'avais surtout besoin de toucher, d'expérimenter, de reprendre ma machine à coudre - j'aime être dans le faire et la confrontation avec la matière. Je voulais une collection confortable, que l'on puisse mettre tous les jours, avec une technique irréprochable et en petite série, dans un rapport très proche avec mes clientes, que je chouchoute. Je pense que cela a de la valeur aujourd'hui, je pense même qu'il n'y a que cela de vrai - être proche de celle qui achète un vêtement dans lequel j'ai mis tant d'amour." roxanebaines.com La transformation. "Pour donner une autre vie à ce poncho, il fallait un vrai changement, sinon cela n'a aucun intérêt. J'ai pensé à ma grand-mère qui me cousait des déguisements de carnaval dans les vêtements de ma cousine - d'une jupe en daim, elle me faisait des bottes d'Indienne. Ce petit exercice m'a fait voyager dans le temps. J'ai eu l'impression de retomber en enfance. Et je me suis aussi revue adolescente, quand j'achetais des vêtements aux puces et que je les recoupais, les ajustais, les transformais. Il fallait que je trouve des solutions pour les resserrer et leur donner un peu de style parce qu'ils étaient trop grands pour moi - c'est sans doute pour cela que j'apprécie de travailler l'oversize dans mes collections. J'ai pris mes ciseaux et j'ai coupé dans ce poncho avec un imprimé, une sanguine orientaliste assez forte. Cela m'a fait mal au coeur au départ, je suis très attachée à mes pièces... Je l'ai raccourci, j'ai fait deux courbes, comme des manches chauve-souris, j'ai mis un élastique en bas et coupé un pull pour faire les bords côtes des manches et un col. J'avais besoin de le resculpter, de lui offrir une autre fonction, c'est désormais un blouson court. Depuis mes débuts en 1991, je suis plutôt durable car mes collections ont une longue vie parce que les matériaux sont de bonne qualité, que cela vieillit bien, et que ce n'est jamais trop à la mode, même si ce n'est jamais classique pour autant. Tout cela permet à mes vêtements de survivre aux tendances. Si j'ai transformé ce poncho, ce n'est donc pas pour le remettre au goût du jour ni pour lui donner une deuxième vie puisqu'il n'était pas mort, mais pour lui donner une autre allure et m'amuser à en changer les proportions. Ma créativité en a été un peu boostée, d'autant que pour l'heure, je finalise ma collection automne-hiver 21-22. Vu les circonstances, elle est plus resserrée, mais cela me plaît, cela me permet de me concentrer sur chaque pièce. La situation nous ramène tous à un rythme moins hystérique." veroniqueleroy.com La transformation. "Ces pulls sont des prototypes qui ne sont jamais rentrés dans la collection. Il m'en restait deux ; juste assez pour en faire une robe patchwork. Puisqu'il s'agit d'un modèle Homme, ils sont également un peu plus grands, ce qui me laisse plus de matière à disposition. Le tricot se drape assez bien et est extensible, il n'est donc pas nécessaire d'être très précis. Les couleurs vives ainsi que les lignes graphiques amusantes lui donnent un aspect frais et estival. A la fin des années 90, lorsque j'étudiais à l'Académie de mode d'Anvers, j'étais fasciné par Martin Margiela, comme bon nombre de mes camarades. Il y a vingt-cinq ans, il faisait déjà de l'upcycling. Je me souviens par exemple d'un pull fabriqué à partir de grosses chaussettes cousues entre elles. Je ne travaille toutefois pas de cette façon. L'upcycling est un procédé artisanal dont vous ne maîtrisez pas vraiment les quantités. Or nous faisons parfois fabriquer des centaines de pièces d'un même modèle. C'est un plan commercial différent. Supposons que nous ayons vingt manteaux à retravailler, alors nous n'en aurons que vingt à vendre. Par ailleurs, nous n'avons pas énormément de surplus car nous ne produisons que ce que nos clients commandent. Cela ne veut évidemment pas dire que tout est épuisé. Nous avons notre propre magasin où nous recevons des retours. Ces pièces vont dans le stock. Ce dernier grandit en même temps que l'entreprise ; et nous devons réfléchir à ce que nous allons en faire. Ce que nous avons déjà initié, c'est le recyclage des tissus. Si nous en avons acheté trop, nous ne nous en débarrasserons pas, mais nous le réutiliserons dans une autre collection. Nous étudions également la possibilité de renvoyer les pièces invendues et de les démonter afin d'en faire de nouveaux fils." christianwijnants.com La transformation. "Au départ j'étais partie sur une pièce beaucoup plus simple, car il est possible d'en faire des choses assez folles. Mais je me suis ravisée et j'ai finalement opté pour Lola, une robe blanche sans manches, avec un petit col montant et un volant qui relie l'avant et l'arrière. La signature Toos Franken. Après transformation, on reconnaît encore l'originale. Cet article est toujours en vente car chez nous, les vêtements sont placés dans nos archives et rejoignent le stock après quelques saisons. Il y a eu bien trop de travail derrière pour les retirer des rayons après quelques mois seulement. La robe ne devient pas moins belle avec le temps. Une bonne pièce est et reste une bonne pièce. Avant d'attraper mes ciseaux, j'ai réalisé un patron et j'ai tout épinglé. Je ne voulais absolument pas me tromper en découpant. Je savais que je voulais en faire une veste, car en tant que créatrice je trouve que c'est le vêtement le plus difficile. Un pantalon reste un pantalon. Ici j'ai ajouté des manches, un col et je l'ai doublée avec un ancien édredon qui traînait chez moi. Les poches latérales sont maintenant sur le devant de la veste et j'ai façonné des passepoils avec le bas de la robe. La veste peut tout autant être portée complètement ouverte, comme une cape. Chaque saison, nous récupérons des matières de la précédente. C'est pourquoi nous avons très peu de surplus. Si toutefois il reste encore du tissu, nous l'utilisons alors pour autre chose. L'upcycling est dans notre ADN depuis le début, c'est un choix réfléchi. Puisque le magasin était fermé l'année dernière, il reste pas mal de stocks. Nous allons les transformer en nouveautés. Par exemple, certaines robes seront coupées pour en faire des chemisiers ou des tops. Les vestes de la collection hiver deviendront des gilets. Nous allons ouvertement le communiquer. L'upcycling ne nuit aucunement à la valeur d'un vêtement."toosfranken.com