QUI ?

De Standaard, De Morgen, Knack Weekend, Vogue, DS Magazine... tels sont les magazines avec lesquels Mous Lamrabat (35 ans) collabore. Né au Maroc dans une fratrie de neuf enfants, il est arrivé, petit, en Belgique et a toujours évolué entre deux registres culturels distincts. Initialement formé comme architecte d'intérieur au KASK (Gand), ce talent a changé d'orientation avant même d'exercer ne serait-ce qu'un jour ce métier. C'es...

De Standaard, De Morgen, Knack Weekend, Vogue, DS Magazine... tels sont les magazines avec lesquels Mous Lamrabat (35 ans) collabore. Né au Maroc dans une fratrie de neuf enfants, il est arrivé, petit, en Belgique et a toujours évolué entre deux registres culturels distincts. Initialement formé comme architecte d'intérieur au KASK (Gand), ce talent a changé d'orientation avant même d'exercer ne serait-ce qu'un jour ce métier. C'est par hasard qu'il découvre la photographie par le biais d'images qu'il glane dans sa famille. Cette matière première, souple et chargée d'émotions, lui fait mesurer l'incroyable potentiel du médium. Afin d'en apprendre davantage, il sollicite le photographe Koen Keppens. Il sera son assistant pendant deux ans, une période féconde pour l'intéressé, avant de voler de ses propres ailes. Lors d'un shooting, il trouve l'univers qui deviendra sa marque de fabrique, à savoir une esthétique panachant accessoires traditionnels marocains, pop culture et marques globalisées. Le tout n'est pas sans évoquer une fidélité à ses origines. Dès l'entrée de cette première exposition personnelle, le ton est donné. " Tous les Marocains doivent rentrer chez eux en Turquie ", s'affiche en grand. Cette phrase prononcée en 2014 par un militant néerlandais d'extrême-droite en dit long sur l'approche décalée du photographe. A travers ses images, l'intéressé s'amuse des codes culturels en passant le tout au blender de son objectif. C'est tout particulièrement percutant lorsqu'il détourne le fameux cliché Champagne Incident de Jean-Paul Goude, revisité par la suite par Kim Kardashian en Une de Paper. A la différence qu'ici il n'est plus question de boisson à bulles mais de thé. De même pour les crêpes marocaines traditionnelles, niqab et autres burqas. Pour découvrir un univers formel très fascinant qui entre étonnamment en résonance avec des images archétypales de la culture occidentale. Ainsi des Amants, aux visages voilés, de René Magritte auxquels on ne peut ne pas penser.