Etes-vous " une femme comme tout le monde " ?

Oui, même si, en réalité, il n'y en a pas. Les femmes veulent faire comme tout le monde. Mais chacune se débrouille comme elle peutà Il est passionnant d'observer ce à quoi on échappe et ce vers quoi on tend. Les livres sur le développement personnel me rassurent. Ne sommes-nous pas les seuls animaux à penser ce que nous sommes ?
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Oui, même si, en réalité, il n'y en a pas. Les femmes veulent faire comme tout le monde. Mais chacune se débrouille comme elle peutà Il est passionnant d'observer ce à quoi on échappe et ce vers quoi on tend. Les livres sur le développement personnel me rassurent. Ne sommes-nous pas les seuls animaux à penser ce que nous sommes ? Ma mère et ma grand-mère m'ont appris à ne pas m'imposer de limites. Tout est possible à condition de travailler pour exaucer ses désirs. Quand j'ai eu envie d'écrire ou de faire de la musique, je ne me suis pas bloquée. Au pire, c'était insatisfaisant. Dans la bibliothèque de mon oncle, je prenais en cachette la BD de Gotlib. Formidable, un vrai rapport à l'absurde. Je suis tombée, par hasard, sur Jean-Philippe Toussaint. Monsieur (Les éditions de Minuit) est bluffant car il s'autorise l'humour et la mélancolie. J'anime le cours Lecture et écriture, en Sciences Po à Paris, parce que l'une mène à l'autre. Selon Benjamin Biolay - qui produit les morceaux que j'écris -, j'aborde la musique de façon littéraire. Il m'a fait découvrir aussi le destin de Marilyn Monroe. Passionnant. Petite, c'était Happy Days pour cette vie en chansons, où il n'y avait rien de grave. Là, je suis accro à Six Feet Under. Quand je me décourage, je pense à Björk. Que ce soit dans sa liberté ou son travail, elle a une grande exigence de singularité. Steven Soderbergh, pour qu'il me raconte comment il réfléchit ; George Clooney, beau et drôle ; John Irving, qui m'intrigue pour sa façon d'envisager les personnages féminins. Mes seins, qui sont " techniquement en avant " (rires). Chez un homme, la voix. Je ne suis pas esclave des fringues ou des chaussures. Ces accessoires doivent être à mon service et non m'empêcher de marcher ou de m'asseoir. Depuis que ma mère m'a acheté des talons, j'en mets malgré mon 1,75 m. J'aime les vêtements cool et près du corps. Mes modèles : pas chers, en coton et lavables en machine ! Tout comme dans mon roman, un peu d'aventure qui passe par l'art, la douceur et le rire. S'il y a déjà ça, c'est une chouette vie. J'avoue que j'aime bien ça, car c'est en marchant qu'on invente un chemin. Les Caractères sexuels secondaires , par Tania de Montaigne, Flammarion, 240 pages. La suite de cet entretien sur weekend.be Propos recueillis par Kerenn Elkaïm