Chanel, le chic équestre de la haute couture

Avec les bottes santiags foulant le sable qui décalent tailleurs et robes de soirée longs, Chanel a continué mardi à explorer l’univers équestre le temps d’un défilé haute couture dans le Bois de Boulogne.

En déplaçant le spectacle à l’Etrier de Paris, dans l’ouest de la capitale, la maison a rompu avec la tradition: c’est au Grand Palais puis – après la fermeture de ce dernier pour travaux – au Grand Palais éphémère, dans le centre de Paris, que Chanel organisait depuis des années ses défilés. 

Mais le thème fait écho au précédent défilé haute couture en janvier, que Charlotte Casiraghi de la famille princière de Monaco avait ouvert à cheval dans un décor imaginé par le même artiste, Xavier Veilhan. 

« Je m’inscris dans une continuité par rapport au défilé précédent, tout en laissant la place à l’expérimentation », souligne la directrice artistique Virginie Viard, dans la note d’intention du défilé.

Pas de galop dans le manège cette fois-ci mais de l’espoir avec le premier look, toujours soigneusement choisi par les créateurs, qui porte le message de la collection: un tailleur vert éclatant, veste courte et jupe mi-longue à boutons qui s’ouvre sur des bottes noires.

Deux autres tenues longues, une robe vert olive et un ensembles vert émauraude, se détachent du code couleur habituel de Chanel. Ces bottes santiags vont accompagner la plupart des tenues, comme des tailleurs en tweed plutôt longs ou des robes de soir aériennes.  

Des pantalons raccourcis et certaines robes plus courtes se portent, en revanche, avec des escarpins Salomés.

« Dans cette nouvelle collection, on trouve des tailleurs, des robes longues comme Mademoiselle Chanel les concevait dans les années 1930, près du corps, même si elles sont ici assez épaulées », relève Mme Viard. 

Des épaules rondes, des dos carrés, des broderies aux motifs géométriques font également penser aux années 1930, tout en adressant un clin d’oeil aux seventies.  Ils entrent en résonance avec le constructivisme d’un décor très graphique.

Après avoir marché sur le sable du manège, les mannequins montent l’escalier dans une scénographie répondant au décor et qui permet aux invités de bien voir les pièces sous tous les angles.

Hommage à la tradition des défilés haute couture, de moins en moins respectée: une robe de mariée qui clôture le show avec une sorte de châle à frange et des chaussures noires. 

C’est la mannequin néerlandaise Jill Kortleve qui présente cette tenue de fin, aussi importante que la première. 

Jill Kortleve

Avec sa taille qui se rapproche de celle d’une Française moyenne, elle défile depuis plusieurs saisons pour Chanel comme pour d’autres marques de luxe, soucieuses de s’inscrire dans le mouvement « body positive », qui lutte contre les normes stéréotypées mais se trouve encore à un état embryonnaire sur les podiums. 

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