Haute couture écolo chez Chanel

Défilé haute couture Chanel janvier 2016 © Reuters

Après l’atmosphère frénétique d’un aéroport lors de son dernier défilé, changement de décor pour Chanel: Karl Lagerfeld a choisi un thème plus écologique pour sa collection haute couture, en la transportant mardi dans un jardin zen.

Sous la verrière du Grand Palais, à Paris, à un rythme lent et fluide, les mannequins sortent une à une d’une maison en bois à étages, qui devient une maison de poupées géante quand ses panneaux à lattes s’ouvrent. Sur des chaussures à semelles compensées en liège, elles avancent sur un chemin de dalles en bois installé dans l’herbe.

Robes et jupes sont étroites, arrivant à mi-mollet. Elles sont fendues derrière pour faciliter la marche, et laissent entrevoir des plissés transparents et brillants.

Les volumineux chignons et le maquillage -deux traits de crayons le long de l’oeil- s’inspirent d’une sculpture en plâtre de Picasso.

Les couleurs sont subtiles et douces: des tons crème, rose, ivoire, pour une élégance évoquant des silhouettes de différentes époques: les fifties et sixties, mais aussi les années folles et Gatsby Le Magnifique.

En guise de sac, une pochette pour smartphone s’accroche à la ceinture, pour plus de liberté de mouvement. Des capes scintillantes donnent des allures de princesses.

Pas bling-bling

Les matières naturelles comme le papier, le bois et la paille composent des broderies. « Je trouvais que finalement ces matériaux, si on les utilise d’une façon particulière, sont assez jolis », a expliqué Karl Lagerfeld à l’issue du show. Mais « il fallait tout faire, car ça n’existe pas sur le marché, des paillettes de bois! »

Cette collection, « ce n’est pas vraiment bling-bling, tapis rouge », a commenté le couturier toujours enclin à capter l’air du temps, un mois et demi après la conférence sur le climat (COP21) qui s’est tenue à Paris. « L’écologie est un des thèmes de notre époque, mais cela n’a jamais été utilisé dans le grand luxe. Le grand luxe, c’était le contraire presque », a-t-il dit. « D’habitude, tout ce qui est écologie est associé à des gens pas très soignés! », lance-t-il.

L’ambiance diffère radicalement de celle du défilé de prêt-à-porter pour le printemps-été 2016 présenté en octobre, pour lequel un terminal d’aéroport avait été reconstitué au Grand Palais. « Le mot est trop utilisé, mais je voulais que ce soit un peu zen », a dit Karl Lagerfeld. Ces femmes « ne sont pas pressées, elles n’ont pas de train à prendre, elles peuvent marcher dans leur jardin ».

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