Mode | Lorenzo Viotti, chef d’orchestre et mannequin d’un jour pour Le Vif Weekend

Manteau oversized en laine, chemise en soie lavée et short en soie, Maison Valentino. Chaussettes en coton, Arket. Chaussures en cuir verni, Boss. © Stephanie Pistel

Nouveau visage de l’Orchestre philharmonique des Pays-Bas et de l’Opéra national, le chef d’orchestre franco-suisse Lorenzo Viotti donne le tempo des tendances de ce printemps. Une partition vestimentaire qui se joue du costume guindé au foulard fleuri.

Lorenzo Viotti nous demande de bien vouloir patienter un instant au téléphone. Nous l’entendons héler un taxi, refermer la portière derrière lui et donner des instructions en italien au chauffeur, dans une intonation pleine de mélodie. Le chef d’orchestre se trouve à Milan, où il dirigera l’opéra Thaïs de Jules Massenet à La Scala. « Me revoici », s’exclame-t-il en riant tout en s’adressant brièvement au conducteur: « Scusa te, posso avere un po’ di musica? Grazie. » Même à bord d’un taxi, celui qui est désormais à la tête de l’Orchestre philharmonique des Pays-Bas et de l’Opéra national sait accorder la bande-son comme bon lui semble.

Lorenzo Viotti est depuis août dernier le chef d'orchestre de l'Orchestre philharmonique des Pays-Bas et de l'Opéra national.
Lorenzo Viotti est depuis août dernier le chef d’orchestre de l’Orchestre philharmonique des Pays-Bas et de l’Opéra national.© Melle Meivogel

Vous avez grandi dans une famille de musiciens: votre mère était violoniste et votre père chef d’orchestre, comme vous. Quel rôle la musique classique a-t-elle joué dans votre jeunesse?

Elle a toujours fait partie de nous. Mes soeurs, mon frère et moi avons voyagé dans le monde entier avec nos parents. Je me souviens que j’ai écouté beaucoup d’opéras dans le bureau de mon père ( NDLR: le chef d’orchestre Marcello Viotti). Mes parents ont toujours partagé leur amour de la musique classique avec nous, sans nous l’imposer. C’est peut-être pour ça que nous avons tous continué sur cette voie. Une de mes soeurs est pianiste, l’autre est chanteuse, et mon frère est corniste. Je n’ai jamais choisi délibérément de suivre les pas de mes parents, mais j’ai toujours été fasciné par le travail de chef d’orchestre. Lorsque j’ai accompagné neuf amis pour la première fois, j’ai senti que j’avais ça dans le sang. A l’âge de 19 ans, j’ai choisi de me lancer dans ce domaine. De la même manière qu’un CEO doit avoir accompli plusieurs fonctions avant d’être capable de diriger, j’ai appris différents instruments, de la percussion au violon et au chant en passant par le piano.

Chemisier, Salvatore Ferragamo. Foulard en soie vintage, Episode. Short en lin, Giorgio Armani.
Chemisier, Salvatore Ferragamo. Foulard en soie vintage, Episode. Short en lin, Giorgio Armani.© Stephanie Pistel

Vous avez dirigé plusieurs orchestres dans le monde. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous engager aux Pays-Bas?

Le fait qu’il y a un même orchestre pour deux institutions. C’est un luxe, car cela signifie qu’on peut jouer des oeuvres complètement divergentes. Jusque-là, je ne connaissais pas l’Orchestre philharmonique des Pays-Bas. Chaque orchestre a ses particularités, qui sont liées à la langue et à la culture. Voyez cela comme une relation: elle n’est jamais la même, sauf que là, cent cinquante personnes se trouvent dans une relation avec moi (rires). Cet orchestre est prêt à prendre des risques, et ça me parle.

Manteau et pantalon en cuir de veau, Zegna. Chemisier en coton, Filippa K. Cravate en soie, Profuomo. Lunettes en acétate, Vogue.
Manteau et pantalon en cuir de veau, Zegna. Chemisier en coton, Filippa K. Cravate en soie, Profuomo. Lunettes en acétate, Vogue.© Stephanie Pistel

Dans la vidéo de présentation faite par l’orchestre, on vous voit faire du skateboard, nager et sauter sur des toits…

Pour beaucoup, je ne suis peut-être pas le type de maestro classique. Lorsque l’orchestre m’a fait part de son projet de vidéo, j’ai dit: « Si vous voulez vraiment me présenter, alors montrez le boxeur, le skateur et le snowboarder. » C’est une partie de mon enfance, de la personne que je suis aujourd’hui. C’est risqué, mais le résultat est concluant. Les gens qui considèrent que l’opéra et la musique classique sont réservés à l’élite et aux personnes âgées ont semblé comprendre qu’elle est accessible à tous. Il n’est pas nécessaire d’avoir une formation musicale ou d’être un intellectuel pour voir sa beauté.

Blazer et pantalon en lin, Fendi. Loafers en cuir, Filling Pieces @ De Bijenkorf.
Blazer et pantalon en lin, Fendi. Loafers en cuir, Filling Pieces @ De Bijenkorf.© Stephanie Pistel

Vous sentez-vous à l’aise dans ce rôle d’ambassadeur?

Je suis avant tout chef d’orchestre, simplement. Sur scène, je veux être le meilleur musicien pour mon orchestre. Si je peux être ambassadeur de la musique classique en parallèle: pourquoi pas? Je crois qu’on a besoin d’avoir beaucoup de nouveaux visages pour aller de l’avant et inspirer les gens. En tant que maestro, on est un pont entre la scène et le public. Si je peux susciter de l’intérêt ne serait-ce que pour cinq personnes, j’ai accompli ma mission.

Chemise et short en cuir de chèvre, et bottines en cuir de veau, Hermès. Chaussettes en coton, Arket.
Chemise et short en cuir de chèvre, et bottines en cuir de veau, Hermès. Chaussettes en coton, Arket.© Stephanie Pistel

Coiffure et maquillage: Rodrigo de Souza – Assistant photo: Jacopo Peloso – Coordination: Ellen De Wolf – En collaboration avec Cross Studio à Milan.

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