You Can Call me Pol, portrait d’un phénomène mode baigné de culture manga

© DR

Direction le Japon et ses mangas et animes avec l’artiste « You Can Call me Pol ». La jeune créatrice customise des vestes en jeans et puise ses inspirations au cœur de la culture du pays du Soleil Levant. Nous l’avons rencontrée pour l’occasion.

C’est dans son atelier partagé en bordure de Saint-Gilles que l’artiste belge de 25 ans nous a donné rendez-vous. Une sorte de plateau partagé par plusieurs créateurs, inondé de lumière où auteur de bande-dessinée, graphiste, styliste ou illustrateur se rencontrent.

Et dans ce petit microcosme artistique, proche de la porte d’entrée, juste sous une grande fenêtre, se trouve le coin de Pauline, plus connue sous le pseudonyme instagram de « You Can Call me Pol ». Pas de doute, nous sommes au Japon. Ici manga, anime, poster et illustrations venus tout droit du Pays des Samouraïs font la part belle à la décoration et quelques traces de peintures sont visibles çà et là.

L’artiste s’est lancée depuis peu dans la création à plein temps. Tout juste diplômée d’un master à l’ULB en histoire de l’Art, orientation conservation et restauration du patrimoine mobilier, Pauline vit désormais de son art, mais ça n’a pas toujours été aussi simple.

Un défi un peu fou

Quand elle démarre son projet en 2019, Pauline n’imaginait pas du tout que cela créerait un tel engouement. « J’ai démarré ma première veste au début du confinement. J’étais encore étudiante et je me suis retrouvée avec beaucoup de temps sur les bras. » explique-elle. Alors elle reprend ses pinceaux et renoue avec la peinture. « J’étais en secondaire en art plastique et sur Instagram je partageais quelques illustrations. Mais je voulais tester un autre format et j’ai pensé aux vestes à customiser ».  Et ni d’une, ni deux, Pauline se lance.

A l’époque elle est suivie par un peu moins de 1000 personnes, et si l’intérêt est présent, le décollage n’est pas tout à fait immédiat. « comme beaucoup d’artistes qui se lancent, je stagnais un peu sur Instagram, qui reste la meilleure vitrine pour tout travail créatif actuellement. »

Si le projet ne reste qu’un passe-temps, Pauline est convaincue de son potentiel et décide d’y consacrer de plus en plus de temps. A la fin de ses études, elle enchaîne les petits boulots alimentaires afin de pouvoir continuer d’explorer ses passions artistiques et de faire décoller son projet. Un pari audacieux qui s’avère payant.

Un carton plein sur Instagram

Si les débuts sont hésitants et loin d’être faciles, l’engouement apparait petit à petit. « Tout doucement, les gens ont commencé à remarquer ce que je faisais et à me commander des vestes. J’ai eu plusieurs gros projets et je commençais tout doucement à me dire que je pouvais éventuellement en vivre ».

Mais malheureusement, le projet perd de son souffle et le fragile équilibre que Pauline avait réussi à mettre en place vacille. « A un moment, sans trop de raison, je n’ai plus eu de commande. C’était stressant parce que je me demandais comment j’allais payer mon loyer ou même vivre. » explique-t-elle, « et puis j’ai créé LA veste qui a tout changé. »

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Cette veste, c’est l’une dont Pauline est la plus fière. Elle représente l’héroïne de Spirited Away, Chihiro, sur un fond de fleur. Elle rencontre un succès fou, accumule plus de 50 000 likes et fait exploser le compteur des followers de Pol. La barre des 10 000 followers est franchie, peu de temps après, c’est celle des 20 000 qui est franchie. A l’heure où nous écrivons ses lignes, le compteur flirte avec les 40 000 abonnés et ne semble pas prêt de s’arrêter.

Et les commandes suivent le même rythme « Suite à ce buzz, je n’ai pas arrêté de recevoir des commandes et des propositions de projets. D’un côté c’est génial ce qui se passe mais de l’autre c’est fort déstabilisant d’être d’un coup autant suivie. Quand on a galéré pendant plusieurs années, passé du tout au tout, c’est pertubant. Et je pense que toujours actuellement, je n’ai pas encore vraiment pris conscience de tout ça. »

L’art comme thérapie

Pour la passionnée de manga, l’art et la peinture lui ont permis de prendre confiance en elle et de s’épanouir pleinement. « C’est clair que quand j’étais ado et que j’avais mon manga en main, on me jugeait un peu. Si aujourd’hui c’est tendance et « in » de s’intéresser à tout ça, il y a 10-15 ans ce n’était pas du tout le cas, raconte-elle. « Et pendant mon adolescence, les mangas et tout cet univers m’a vraiment aidé à m’épanouir et à prendre confiance en moi. Au final, je suis hyper heureuse que l’on commence enfin à s’intéresser de manière plus générale à ce qui vient du Japon ou de la Corée. Tant la nourriture que l’art ou la musique. Et si je peux, à ma petite échelle, apporter ma pierre à l’édifice et mettre en lumière tout ces animes, manga et autre, je trouve ça génial ! »

 

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