C'est ce 3 août que Cynthia Bolingo fera son entrée sur la piste olympique du stade de Tokyo pour les séries du 400 mètres. Elle participera également au relais 4X400 mètres avec les Belgian Cheetahs quelques jours plus tard. Pourtant ce rendez-vous capital, l'athlète du CABW, à Nivelles, le prend avec beaucoup de philosophie: "Rien ne sert de rajouter moi-même de la pression, il y en a déjà tellement autour de cet événement", dit-elle.

C'est d'ailleurs avec beaucoup de décontraction qu'elle a répondu à nos questions, par écrans interposés, ce 5 juillet, alors que quelques heures plus tard, lors du meeting de Nancy, elle bouclait son tour de piste en 50 seconde et 29 centièmes, accomplissant la meilleure performance européenne de l'année. Rien que ça!

Cynthia Bolingo, Belga Images
Cynthia Bolingo © Belga Images

Notre compatriote, vice-championne d'Europe indoor 2019 sur 400 m, n'arrête plus de gravir les échelons vers le sommet. Elle a battu deux fois en quelques semaines le record de Belgique, détenu par Kim Gevaert jusqu'alors, et elle se rapproche désormais des huit meilleures coureuses mondiales sur cette distance, pouvant laisser présager une place en finale aux JO. Ce serait une consécration, mais elle garde la tête froide: "Je n'ai pas d'objectifs de chrono ou de classement, avoue-t-elle. Mon but, c'est de m'en tenir ce jour-là au schéma de course que j'ai et de voir ce que ça va donner. Je dois juste rester concentrée sur la manière de faire les choses..." Rencontre.

Avant une compétition, j'écoute du rap français engagé. J'évite les morceaux trop calmes car si les chansons sont trop douces, je risque d'être trop gentille sur la piste. J'essaye plutôt de m'énerver un peu

Comment se prépare-t-on pour des jeux Olympiques, d'autant pour ceux-ci qui ont été reportés d'un an?

Ça dépend vraiment de chacun. C'est clair que cette année de Covid n'a pas été évidente parce qu'il a fallu rester focus et tenir douze mois de plus. Mais personnellement toutefois, j'essaye de considérer une année olympique comme une année normale, afin d'éviter trop de stress. Je n'aime pas penser que vu l'événement, il faut s'entraîner deux fois plus... Alors, on fait quoi l'année suivante, on ne s'implique plus? Je reste évidemment consciente des enjeux mais la préparation est identique, JO ou pas JO.

Cynthia Bolingo pendant le tournage du clip Catwalk to Tokyo du Comité olympique belge, pour présenter l'équipe d'athlètes chargés de représenter la Belgique, Belga Images
Cynthia Bolingo pendant le tournage du clip Catwalk to Tokyo du Comité olympique belge, pour présenter l'équipe d'athlètes chargés de représenter la Belgique © Belga Images

Vous ne stressez pas avant une compétition?

Si, bien-sûr juste avant...

Et vous avez un rituel pour éliminer cette tension?

En fait, mon rituel est différent à chaque fois, mais une chose est sûre, je refais toujours mes lacets pour bien les serrer. J'ai les pieds super fins et j'ai toujours cette crainte qu'une de mes spikes s'envole (rires). Et puis, il y a la musique, qui me suis partout dans mes écouteurs, ça fait vraiment partie de ma vie. Avant une compétition, j'écoute du rap français engagé. Je suis fan. J'évite les morceaux trop calmes car mon mood dépend de ce que j'ai dans les oreilles. Si les chansons sont trop douces, je risque d'être trop gentille sur la piste. J'essaye plutôt de m'énerver un peu (rires)!

Cynthia Bolingo, Belga Images
Cynthia Bolingo © Belga Images

Comment avez-vous commencé l'athlétisme?

J'ai débuté sur le tard, à l'âge de 15 ans, grâce à une compétition inter-écoles qui m'a permis, vu mes résultats, d'intégrer un groupe d'athlètes de très bon niveau en Belgique. Et c'est grâce à l'ambiance dans cette équipe que j'ai eu l'envie de continuer. Si ça ne tenait qu'à moi, je ne pense pas que j'aurais eu la discipline suffisante pour m'entraîner régulièrement.

Ce sont plus les à-côtés et le groupe, que le sport, qui m'ont poussée à poursuivre. C'était un truc de ouf!

J'étais jeune et sincèrement, à ce moment-là, j'avais d'autres chats à fouetter, je voulais m'amuser et pas forcément m'en tenir à une rigueur. C'est au fur et à mesure, que j'ai mordu. D'abord grâce à l'ambiance, puis évidemment quand j'ai commencé à faire des résultats. De fil en aiguille, j'ai participé à mes premiers championnats internationaux et je suis passée dans une autre dimension. Je pouvais voyager, partir en stage en avion... C'était incroyable d'autant que j'étais la seule, parmi mes proches, à avoir ce genre d'opportunités. Ce sont plus les à-côtés et le groupe, que le sport, qui m'ont poussée à poursuivre. C'était un truc de ouf!

Cynthia Bolingo, Belga Images
Cynthia Bolingo © Belga Images

Comment avez-vous acquis la rigueur nécessaire au plus haut niveau?

J'ai 28 ans et c'est clair qu'en tant qu'être humain, on évolue chaque année, chaque mois, chaque heure. Quand je vois le genre d'athlète que je suis devenue et que je regarde en arrière, je me dis que c'est le jour et la nuit. La rigueur est venue progressivement mais contrairement à certains sportifs qui se donnent à 3000 % sur un tel projet et qui n'ont rien à côté, moi, je veux garder un équilibre. Quand on consacre la totalité de sa vie à quelque chose, on a tendance à vouloir un résultat exceptionnel, et à tomber de trop haut s'il n'arrive pas... Donc c'est important d'avoir d'autres choses à côté. Cela permet de relativiser et de mieux apprendre de ces échecs pour avancer.

Et qu'avez-vous "à côté" justement?

Je suis encore étudiante. J'ai eu un parcours académique chaotique. J'ai eu pas mal de difficulté à combiner études et sport. J'ai commencé par le droit, puis je suis passée en sciences-po, mais je ne parvenais pas à voir des perspectives par rapport à ces choix. Du coup, j'ai pris deux années sabbatiques et finalement, j'ai repris des études d'assistante sociale. Je suis en dernière année et je sens que c'est ce que j'aime. Je voudrais faire un master en sociologie et anthropologie ensuite.

Quand on est athlète de haut niveau, a-t-on parfois l'impression de "sacrifier" des choses pour atteindre le sommet?

Il faut partir du principe que choisir c'est renoncer. On ne peut pas être partout. On a souvent tendance à associer la pratique sportive de haut niveau à un sacrifice, mais une personne qui décide d'aller travailler plutôt que de rester avec ses enfants, fait elle aussi un sacrifice d'un autre niveau. Je parlerais plutôt de choix que de sacrifice, en fait.

Vivez-vous des moments de découragements?

Parfois, je suis fatiguée. Ce n'est pas parce que je fais ce que j'aime que j'ai tous les jours envie de le faire. Parfois, j'ai envie de me reposer et de rester les jambes et les bras ballants. En tant qu'athlète, c'est notre corps qui se doit d'aller au charbon mais dès qu'il commence un peu à lâcher, tout déraille dans la tête aussi.

Cynthia Bolingo, Belga Images
Cynthia Bolingo © Belga Images

Est-ce difficile de se faire une place dans le sport, en tant que femme?

Ce n'est pas uniquement dans le sport, c'est dans la société en tant que telle. Même si parfois, ce sont de petits faits qui peuvent paraître anodins, on se rend compte que ce n'est pas normal. L'athlétisme est toutefois un sport mixte, et il y a donc moins de frontières des genres. Et c'est un sport où il y a vraiment une diversité. Je n'ai jamais ressenti de discrimination flagrante... Ou alors, c'était tellement banalisé que je ne m'en suis pas rendue compte sur le moment.

Est-ce que vous rencontrez de temps en temps des jeunes sportifs pour parler de votre parcours et les inspirer?

Avec la crise sanitaire, je n'ai pas beaucoup eu l'occasion d'aller dans les clubs ces derniers temps. Mais je veux juste leur dire que s'ils ont un objectif particulier en tête, ils doivent tout faire pour l'atteindre, malgré les obstacles qui peuvent se présenter. Et si les résultats ne sont pas ceux attendus, il ne faut pas avoir de regrets et se dire qu'on a tout mis en place pour y arriver.

Vous avez également pris part à un projet social cette année...

C'était un projet artistico-sportif avec les enfants des familles demandeuses d'asile du Petit Château, à Bruxelles, et d'enfants orphelins de la Cité joyeuse à Molenbeek. Avec l'association tournaisienne MômA, on a créé des dessins et des drapeaux qui sont actuellement exposés au Parlement. Chaque oeuvre est accompagnée d'un texte que j'ai écrit moi-même... L'expo est réservée aux parlementaires mais nous cherchons une manière de la faire tourner ensuite. Dans ce cadre, j'ai vraiment eu l'occasion de discuter avec des jeunes et je pense qu'ils m'ont plus apporté que ce que j'aurais pu leur apporter.

Vous aimez écrire?

Oui beaucoup! Je n'ai pas la plume d'Angela Davis mais ça me plaît. J'écris pour des projets précis le plus souvent, mais il m'arrive de me lever le matin et de me mettre à écrire, parce que j'en ai besoin.

Olivia Borlée et Elodie Ouedraogo, deux anciennes championnes belges, ont lancé leur marque de mode... Est-ce que c'est aussi un domaine qui vous intéresse?

J'aime beaucoup mais je ne suis pas forcément les tendances. J'aime porter des vêtements dans lesquels je suis à l'aise, mettre de la couleur dans mes tenues... Pour moi, c'est une façon d'exprimer sa personnalité et le mood du moment. Et puis, c'est vrai que dans le milieu, ces dernières années, dans certaines compétitions, on a l'impression d'être à la Fashion Week de Milan sur la ligne de départ. L'apparence et la manière dont on apparaît à l'image a pris beaucoup d'importance.

Vous utilisez beaucoup les réseaux sociaux?

Depuis 2019, j'essaye de m'y mettre mais je ne suis pas du tout une accro à mon smartphone. Et je ne supporte pas cette obligation de devoir être toujours disponible tout le temps. C'est parfois oppressant. Si on me demande, demain, de le balancer par la fenêtre, je le ferai clairement. Je fais toutefois l'effort d'être plus présente en ligne car c'est finalement mon moyen de communiquer, d'échanger avec les gens qui me soutiennent. Et ça, c'est important.

En ligne

Shushanik Musheghyan
© Shushanik Musheghyan

Cynthia Bolingo lance une série de vlogs, avec Samsung. Elle y parle de la préparation des jeux, des technologies qu'elle utilise à l'entraînement ou encore de nutrition des sportifs. Un épisode en duo avec l'ex-athlète Elodie Ouedraogo est également prévu.

En route vers Tokyo | Vlog I : Qui est Cynthia ? | Samsung Belgique

C'est ce 3 août que Cynthia Bolingo fera son entrée sur la piste olympique du stade de Tokyo pour les séries du 400 mètres. Elle participera également au relais 4X400 mètres avec les Belgian Cheetahs quelques jours plus tard. Pourtant ce rendez-vous capital, l'athlète du CABW, à Nivelles, le prend avec beaucoup de philosophie: "Rien ne sert de rajouter moi-même de la pression, il y en a déjà tellement autour de cet événement", dit-elle. C'est d'ailleurs avec beaucoup de décontraction qu'elle a répondu à nos questions, par écrans interposés, ce 5 juillet, alors que quelques heures plus tard, lors du meeting de Nancy, elle bouclait son tour de piste en 50 seconde et 29 centièmes, accomplissant la meilleure performance européenne de l'année. Rien que ça! Notre compatriote, vice-championne d'Europe indoor 2019 sur 400 m, n'arrête plus de gravir les échelons vers le sommet. Elle a battu deux fois en quelques semaines le record de Belgique, détenu par Kim Gevaert jusqu'alors, et elle se rapproche désormais des huit meilleures coureuses mondiales sur cette distance, pouvant laisser présager une place en finale aux JO. Ce serait une consécration, mais elle garde la tête froide: "Je n'ai pas d'objectifs de chrono ou de classement, avoue-t-elle. Mon but, c'est de m'en tenir ce jour-là au schéma de course que j'ai et de voir ce que ça va donner. Je dois juste rester concentrée sur la manière de faire les choses..." Rencontre.Comment se prépare-t-on pour des jeux Olympiques, d'autant pour ceux-ci qui ont été reportés d'un an?Ça dépend vraiment de chacun. C'est clair que cette année de Covid n'a pas été évidente parce qu'il a fallu rester focus et tenir douze mois de plus. Mais personnellement toutefois, j'essaye de considérer une année olympique comme une année normale, afin d'éviter trop de stress. Je n'aime pas penser que vu l'événement, il faut s'entraîner deux fois plus... Alors, on fait quoi l'année suivante, on ne s'implique plus? Je reste évidemment consciente des enjeux mais la préparation est identique, JO ou pas JO.Vous ne stressez pas avant une compétition?Si, bien-sûr juste avant...Et vous avez un rituel pour éliminer cette tension?En fait, mon rituel est différent à chaque fois, mais une chose est sûre, je refais toujours mes lacets pour bien les serrer. J'ai les pieds super fins et j'ai toujours cette crainte qu'une de mes spikes s'envole (rires). Et puis, il y a la musique, qui me suis partout dans mes écouteurs, ça fait vraiment partie de ma vie. Avant une compétition, j'écoute du rap français engagé. Je suis fan. J'évite les morceaux trop calmes car mon mood dépend de ce que j'ai dans les oreilles. Si les chansons sont trop douces, je risque d'être trop gentille sur la piste. J'essaye plutôt de m'énerver un peu (rires)! Comment avez-vous commencé l'athlétisme?J'ai débuté sur le tard, à l'âge de 15 ans, grâce à une compétition inter-écoles qui m'a permis, vu mes résultats, d'intégrer un groupe d'athlètes de très bon niveau en Belgique. Et c'est grâce à l'ambiance dans cette équipe que j'ai eu l'envie de continuer. Si ça ne tenait qu'à moi, je ne pense pas que j'aurais eu la discipline suffisante pour m'entraîner régulièrement. J'étais jeune et sincèrement, à ce moment-là, j'avais d'autres chats à fouetter, je voulais m'amuser et pas forcément m'en tenir à une rigueur. C'est au fur et à mesure, que j'ai mordu. D'abord grâce à l'ambiance, puis évidemment quand j'ai commencé à faire des résultats. De fil en aiguille, j'ai participé à mes premiers championnats internationaux et je suis passée dans une autre dimension. Je pouvais voyager, partir en stage en avion... C'était incroyable d'autant que j'étais la seule, parmi mes proches, à avoir ce genre d'opportunités. Ce sont plus les à-côtés et le groupe, que le sport, qui m'ont poussée à poursuivre. C'était un truc de ouf!Comment avez-vous acquis la rigueur nécessaire au plus haut niveau?J'ai 28 ans et c'est clair qu'en tant qu'être humain, on évolue chaque année, chaque mois, chaque heure. Quand je vois le genre d'athlète que je suis devenue et que je regarde en arrière, je me dis que c'est le jour et la nuit. La rigueur est venue progressivement mais contrairement à certains sportifs qui se donnent à 3000 % sur un tel projet et qui n'ont rien à côté, moi, je veux garder un équilibre. Quand on consacre la totalité de sa vie à quelque chose, on a tendance à vouloir un résultat exceptionnel, et à tomber de trop haut s'il n'arrive pas... Donc c'est important d'avoir d'autres choses à côté. Cela permet de relativiser et de mieux apprendre de ces échecs pour avancer.Et qu'avez-vous "à côté" justement?Je suis encore étudiante. J'ai eu un parcours académique chaotique. J'ai eu pas mal de difficulté à combiner études et sport. J'ai commencé par le droit, puis je suis passée en sciences-po, mais je ne parvenais pas à voir des perspectives par rapport à ces choix. Du coup, j'ai pris deux années sabbatiques et finalement, j'ai repris des études d'assistante sociale. Je suis en dernière année et je sens que c'est ce que j'aime. Je voudrais faire un master en sociologie et anthropologie ensuite. Quand on est athlète de haut niveau, a-t-on parfois l'impression de "sacrifier" des choses pour atteindre le sommet?Il faut partir du principe que choisir c'est renoncer. On ne peut pas être partout. On a souvent tendance à associer la pratique sportive de haut niveau à un sacrifice, mais une personne qui décide d'aller travailler plutôt que de rester avec ses enfants, fait elle aussi un sacrifice d'un autre niveau. Je parlerais plutôt de choix que de sacrifice, en fait. Vivez-vous des moments de découragements?Parfois, je suis fatiguée. Ce n'est pas parce que je fais ce que j'aime que j'ai tous les jours envie de le faire. Parfois, j'ai envie de me reposer et de rester les jambes et les bras ballants. En tant qu'athlète, c'est notre corps qui se doit d'aller au charbon mais dès qu'il commence un peu à lâcher, tout déraille dans la tête aussi.Est-ce difficile de se faire une place dans le sport, en tant que femme?Ce n'est pas uniquement dans le sport, c'est dans la société en tant que telle. Même si parfois, ce sont de petits faits qui peuvent paraître anodins, on se rend compte que ce n'est pas normal. L'athlétisme est toutefois un sport mixte, et il y a donc moins de frontières des genres. Et c'est un sport où il y a vraiment une diversité. Je n'ai jamais ressenti de discrimination flagrante... Ou alors, c'était tellement banalisé que je ne m'en suis pas rendue compte sur le moment.Est-ce que vous rencontrez de temps en temps des jeunes sportifs pour parler de votre parcours et les inspirer?Avec la crise sanitaire, je n'ai pas beaucoup eu l'occasion d'aller dans les clubs ces derniers temps. Mais je veux juste leur dire que s'ils ont un objectif particulier en tête, ils doivent tout faire pour l'atteindre, malgré les obstacles qui peuvent se présenter. Et si les résultats ne sont pas ceux attendus, il ne faut pas avoir de regrets et se dire qu'on a tout mis en place pour y arriver. Vous avez également pris part à un projet social cette année...C'était un projet artistico-sportif avec les enfants des familles demandeuses d'asile du Petit Château, à Bruxelles, et d'enfants orphelins de la Cité joyeuse à Molenbeek. Avec l'association tournaisienne MômA, on a créé des dessins et des drapeaux qui sont actuellement exposés au Parlement. Chaque oeuvre est accompagnée d'un texte que j'ai écrit moi-même... L'expo est réservée aux parlementaires mais nous cherchons une manière de la faire tourner ensuite. Dans ce cadre, j'ai vraiment eu l'occasion de discuter avec des jeunes et je pense qu'ils m'ont plus apporté que ce que j'aurais pu leur apporter.Vous aimez écrire?Oui beaucoup! Je n'ai pas la plume d'Angela Davis mais ça me plaît. J'écris pour des projets précis le plus souvent, mais il m'arrive de me lever le matin et de me mettre à écrire, parce que j'en ai besoin. Olivia Borlée et Elodie Ouedraogo, deux anciennes championnes belges, ont lancé leur marque de mode... Est-ce que c'est aussi un domaine qui vous intéresse? J'aime beaucoup mais je ne suis pas forcément les tendances. J'aime porter des vêtements dans lesquels je suis à l'aise, mettre de la couleur dans mes tenues... Pour moi, c'est une façon d'exprimer sa personnalité et le mood du moment. Et puis, c'est vrai que dans le milieu, ces dernières années, dans certaines compétitions, on a l'impression d'être à la Fashion Week de Milan sur la ligne de départ. L'apparence et la manière dont on apparaît à l'image a pris beaucoup d'importance. Vous utilisez beaucoup les réseaux sociaux?Depuis 2019, j'essaye de m'y mettre mais je ne suis pas du tout une accro à mon smartphone. Et je ne supporte pas cette obligation de devoir être toujours disponible tout le temps. C'est parfois oppressant. Si on me demande, demain, de le balancer par la fenêtre, je le ferai clairement. Je fais toutefois l'effort d'être plus présente en ligne car c'est finalement mon moyen de communiquer, d'échanger avec les gens qui me soutiennent. Et ça, c'est important.