La question du télétravail n'est pas une nouveauté ; même avant l'épidémie de Covid-19, il faisait l'objet de débats animés dans les magazines, lors de conseils d'entreprises ou des pauses de midi. La crise du coronavirus a finalement permis de tester ce mode de fonctionnement à grande échelle... L'équilibre travail-famille en est-il meilleur ? Les routes sont-elles désengorgées ? A quel point le contact social et les discussions entre collègues manquent ? La tendance à la procrastination s'accentue-t-elle ? Et la question qui taraude les employeurs : sommes-nous aussi productifs ? Autant de discussions qui ne trouveront probablement de réponses que plus tard, quand nous aurons du recul sur les événements.

Sprinteurs vs marathoniens

Mais quand nous retournerons au bureau, nous voudrons également appliquer les nombreux enseignements que nous a apportés cette période, nous avertit Laura Mae Martin, Executive Productivity Advisor chez Google. "Nous traitons tous les collaborateurs de la même manière, alors qu'il y a de grandes différences. Certains disposent de plus de temps qu'avant. C'est le cas des personnes vivant seules ou à deux, qui n'ont pas d'enfant ou dont les enfants sont autonomes. Ce sont les "marathoniens".

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En revanche, les "sprinteurs" ont moins de temps, par exemple parce que leurs enfants leur demandent beaucoup d'attention. Il est important que l'entreprise et les collègues sachent que chacun a son propre rythme. Les sprinteurs doivent souvent travailler intensément sur de courtes périodes, mais ils sont peut-être un peu plus disponibles en soirée, lorsque leurs enfants sont au lit. Ils doivent apprendre à gérer les interruptions et à créer des moments auxquels ils peuvent se concentrer. Quant aux marathoniens, comme ils ont la possibilité d'allonger leurs journées, ils risquent de ne plus connaître de limites. Ils doivent se fixer des heures de bureau et se ménager des pauses."

Tirer parti de l'hybridation télétravail / bureau

L'obligation de bosser dans sa bulle a également mis en avant nos différences personnelles. "Nous avons pris conscience des moments où notre productivité et notre énergie culminent, observe l'experte. Mais comment exploiterons-nous ces informations lorsque nous retournerons au bureau.? J'ai par exemple découvert que je travaillais mieux si je faisais une pause sportive en milieu de journée, car l'activité physique contrecarre ma petite baisse de régime de midi. Je voudrais conserver cette habitude. Je remarque aussi que j'arrive à mieux me concentrer chez moi. Alors, dans un schéma hybride télétravail/bureau, il est préférable que j'accomplisse à la maison les tâches qui demandent plus d'attention. En revanche, je trouve les réunions plus efficaces en présentiel."

Mais que fera-t-on si la hiérarchie ne partage pas ce point de vue ? "Maintenant que les employés ont eu un an pour tester le fonctionnement de leur rythme naturel, j'espère que les employeurs en tiendront compte. Les chefs d'entreprises devraient permettre à leurs employés de gérer leur temps. Et ce n'est possible que s'ils comprennent que certaines personnes sont plus productives tôt le matin et d'autres, tard le soir, que les gens fonctionnent par cycles et que leurs employés travailleront mieux s'ils peuvent choisir leur propre schéma", insiste la conseillère.

Quoi qu'il en soit, le plus important aujourd'hui, est de s'extirper des pièges dans lesquels on aurait pu tomber après un an de travail confiné, histoire de tenir le coup - encore - et d'en tirer le meilleur pour la suite.

Justine Demeulenaere, Janne Schreurs et Nathalie Le Blanc.

La question du télétravail n'est pas une nouveauté ; même avant l'épidémie de Covid-19, il faisait l'objet de débats animés dans les magazines, lors de conseils d'entreprises ou des pauses de midi. La crise du coronavirus a finalement permis de tester ce mode de fonctionnement à grande échelle... L'équilibre travail-famille en est-il meilleur ? Les routes sont-elles désengorgées ? A quel point le contact social et les discussions entre collègues manquent ? La tendance à la procrastination s'accentue-t-elle ? Et la question qui taraude les employeurs : sommes-nous aussi productifs ? Autant de discussions qui ne trouveront probablement de réponses que plus tard, quand nous aurons du recul sur les événements.Mais quand nous retournerons au bureau, nous voudrons également appliquer les nombreux enseignements que nous a apportés cette période, nous avertit Laura Mae Martin, Executive Productivity Advisor chez Google. "Nous traitons tous les collaborateurs de la même manière, alors qu'il y a de grandes différences. Certains disposent de plus de temps qu'avant. C'est le cas des personnes vivant seules ou à deux, qui n'ont pas d'enfant ou dont les enfants sont autonomes. Ce sont les "marathoniens". En revanche, les "sprinteurs" ont moins de temps, par exemple parce que leurs enfants leur demandent beaucoup d'attention. Il est important que l'entreprise et les collègues sachent que chacun a son propre rythme. Les sprinteurs doivent souvent travailler intensément sur de courtes périodes, mais ils sont peut-être un peu plus disponibles en soirée, lorsque leurs enfants sont au lit. Ils doivent apprendre à gérer les interruptions et à créer des moments auxquels ils peuvent se concentrer. Quant aux marathoniens, comme ils ont la possibilité d'allonger leurs journées, ils risquent de ne plus connaître de limites. Ils doivent se fixer des heures de bureau et se ménager des pauses." L'obligation de bosser dans sa bulle a également mis en avant nos différences personnelles. "Nous avons pris conscience des moments où notre productivité et notre énergie culminent, observe l'experte. Mais comment exploiterons-nous ces informations lorsque nous retournerons au bureau.? J'ai par exemple découvert que je travaillais mieux si je faisais une pause sportive en milieu de journée, car l'activité physique contrecarre ma petite baisse de régime de midi. Je voudrais conserver cette habitude. Je remarque aussi que j'arrive à mieux me concentrer chez moi. Alors, dans un schéma hybride télétravail/bureau, il est préférable que j'accomplisse à la maison les tâches qui demandent plus d'attention. En revanche, je trouve les réunions plus efficaces en présentiel."Mais que fera-t-on si la hiérarchie ne partage pas ce point de vue ? "Maintenant que les employés ont eu un an pour tester le fonctionnement de leur rythme naturel, j'espère que les employeurs en tiendront compte. Les chefs d'entreprises devraient permettre à leurs employés de gérer leur temps. Et ce n'est possible que s'ils comprennent que certaines personnes sont plus productives tôt le matin et d'autres, tard le soir, que les gens fonctionnent par cycles et que leurs employés travailleront mieux s'ils peuvent choisir leur propre schéma", insiste la conseillère. Quoi qu'il en soit, le plus important aujourd'hui, est de s'extirper des pièges dans lesquels on aurait pu tomber après un an de travail confiné, histoire de tenir le coup - encore - et d'en tirer le meilleur pour la suite. Justine Demeulenaere, Janne Schreurs et Nathalie Le Blanc.