Une passionnée reproduit en taille réelle la tapisserie de Bayeux

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Dans son salon de l’est de l’Angleterre, Mia Hansson s’est attaquée il y a près de six ans à un projet d’envergure: reproduire en taille réelle la tapisserie de Bayeux, immense fresque relatant la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant.

« Je n’avais rien à faire, je m’ennuyais et j’avais besoin d’un projet qui ne se termine pas rapidement », explique cette Suédoise de 47 ans, installée au Royaume-Uni depuis une vingtaine d’années.

Passionnée de broderies, cette ancienne enseignante décide en 2016 de se lancer dans une reproduction de la plus célèbre d’entre elles: la tapisserie de Bayeux, chef-d’oeuvre quasi-millénaire de près de 70 mètres de long, symbole des relations longtemps belliqueuses entre l’Angleterre et le continent.

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Cinq ans et demi plus tard et à raison de trois à quatre heures de broderie par jour, Mia Hansson a atteint mi-janvier la moitié de la tapisserie, qu’elle conserve en rouleaux faute d’avoir la place de l’étendre. Elle en connaît désormais les moindres détails, jusqu’aux erreurs faites par les couturières de l’époque.

« Là par exemple, il y a quatre têtes de soldats, mais il n’y a que quatre jambes, ça ne va pas », pointe-t-elle. « Quand on regarde l’original, on ne s’en rend pas compte. »

Elle reproduit quand même ces « bizarreries », comme elle les appelle. « Qui suis-je pour changer ce qui a été fait? »

8.000 mètres de laine

La tapisserie du XIe siècle classée mémoire du monde de l’Unesco, probablement conçue à Canterbury (sud-est de l’Angleterre) est conservée dans un musée de la ville normande de Bayeux, dans le nord-ouest de la France.

Paris et Londres ont évoqué un possible prêt au Royaume-Uni mais elle n’est pas transportable avant une restauration en profondeur, à partir de l’automne 2024 et pendant 18 mois minimum.

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Au départ, Mia Hansson n’est « pas très intéressée par l’histoire (de la tapisserie) », mais elle apprend en brodant et est désormais intarissable sur les péripéties des 626 personnages représentés sur la fresque.

« Sur la tapisserie, on a de tout. Des oiseaux et des dragons, des chameaux, des chevaux, des navires, des monuments, rien n’est jamais pareil », explique-t-elle avec enthousiasme.

Pour reproduire la broderie de laine sur lin, Mia Hansson utilise des fils de sept couleurs différentes. « Si j’ai bien calculé, je vais avoir besoin de 8.000 mètres au total », estime-t-elle.

Elle se donne cinq autres années pour espérer terminer son projet le 13 juillet 2027, soit 11 années jour pour jour après l’avoir débuté.

« De ce que je sais, je suis la première à le faire en Europe », précise-t-elle, ayant connaissance d’un Canadien qui a déjà réalisé, en 10 ans, une réplique similaire.

Si Mia Hansson ne brode pas après le record, elle réfléchit déjà à l’avenir de sa reproduction. « J’imagine que je pourrai la vendre. Si quelqu’un me fait une offre que je ne peux pas refuser, ça me va. »

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