1. La privatisation

" Les gens auront toujours envie de partir, affirme Marco van Leeuwen, expert en tourisme à la Breda University of Applied Sciences. Après l'apparition du virus du SRAS en 2002, les habitudes de voyage sont revenues à la normale après quelques mois. Mais nous serons de plus en plus enclins à choisir consciemment d'éviter les foules. "Une crainte de la contamination qu'Atilay Uslu, fondateur de l'agence Corendon, a récemment définie comme " le syndrome du mètre et demi".
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" Les gens auront toujours envie de partir, affirme Marco van Leeuwen, expert en tourisme à la Breda University of Applied Sciences. Après l'apparition du virus du SRAS en 2002, les habitudes de voyage sont revenues à la normale après quelques mois. Mais nous serons de plus en plus enclins à choisir consciemment d'éviter les foules. "Une crainte de la contamination qu'Atilay Uslu, fondateur de l'agence Corendon, a récemment définie comme " le syndrome du mètre et demi". Désormais, une part de touristes, aisée certes, pourrait renoncer à partir se détendre sur des plages surpeuplées ou dans des villages de vacances hyper fréquentés et de plutôt passer ses vacances dans un logement avec plage privée, un boutique-hôtel ou un club réservé aux membres. Selon Marco van Leeuwen, plutôt que pour des destinations bondées comme Barcelone ou Venise, nous opterons de plus en plus pour des lieux hors des sentiers battus, loin de la cohue, et pour des villes plus petites. " Par exemple Aix-la Chapelle et Hanovre, Lille ou Nancy, des cités sur lesquelles on ne s'attardait pas avant. " Les road-trips vont de toutes façons gagner en popularité, affirme l'expert, tout comme les motorhomes, que l'on peut aujourd'hui louer ou partager. " Pour des régions plus éloignées comme l'Estrémadure ou les Pouilles, on prendra l'avion et une fois sur place, plutôt que pour une voiture de location, on optera pour un motorhome. " La nature des pays du Nord, les montagnes européennes, les séjours en camping ou les randonnées : plusieurs spécialistes estiment que notre intérêt pour ce genre de voyages va augmenter. " Après des semaines de confinement, les gens choisiront plutôt la nature que les villes ", confirme Bert Uyttenbroeck de l'agence Atlas Reizen. Les sites à ciel ouvert seront prisés : du moment que l'on est dehors, là où les virus se répandent moins facilement. Mais cette tendance outdoor a un corollaire inattendu : " Les voyageurs souhaiteront pouvoir accéder partout à la communication et à l'information et rester en contact avec leur famille, poursuit Bert Uyttenbroeck. On tiendra donc davantage compte de la disponibilité en Wi-Fi, des réseaux 5G, tout comme on vérifiera qu'il y a sur place de bonnes infrastructures de soins de santé et des statistiques fiables sur la situation sanitaire. On se méfiera des pays avec un niveau de développement moindre, alors qu'un bel avenir attend les pays qui ont pris efficacement la crise en charge, comme la Corée du Sud semble-t-il. " Le coronavirus et le lockdown imposé ont soulevé chez beaucoup des questions fondamentales sur la vie, et celles-ci se répercutent sur le choix de leurs prochaines vacances. " Voyager sera de plus en plus lié à la question du sens, déclare Marco van Leeuwen. De quelle façon et où peut-on voyager en donnant du sens ? Je ne pense pas seulement aux voyages durables, au slow tourisme et aux séjours pour apprendre une langue ou la peinture, mais aussi au bénévolat. Le voyage devra servir un but plus noble et avoir un impact." Les voyages avec coach auront également du succès, estime-t-on du côté de WeAreLions, société gantoise spécialisée dans la transformation personnelle. " Les circonstances nous ont forcés à appuyer sur le bouton stop, souligne sa directrice, Yasmin Dewilde. Certains ont pris conscience de choses par rapport auxquelles ils se voilaient la face, comme un mariage qui ne fonctionne plus ou une envie réprimée de démarrer sa propre affaire. Typiquement, suite aux crises, les gens veulent rebondir sur ces prises de conscience. Un trip avec un coach qui vous sort du contexte habituel et de la pression quotidienne peut vous aider à vous réinventer. "