Quand Delphine Kindermans et Chantal Piret prennent le volant de 4 petits bolides faisant rêver les hommes, on peut dire que ça passe ou ça casse ! Journal à quatre mains de nos essais faisant tourner les têtes de ces messieurs qui tueraient pour prendre notre place…

1. Alfa Brera version 2.2 JTS 185 chevaux Puissante mais rassurante

 » Chouette, elle est rouge !  » Voilà la première chose que je me suis dite en découvrant le petit bijou qu’Alfa Romeo me confie en test pendant une semaine.  » Réflexion typique de gonzesse « , penseront les machos. Oui et non. Car, quand on n’est pas spécialement attirée par les bolides et que la plus grosse voiture qu’on ait jamais conduite est le break familial, la première chose qui vient à l’esprit, lorsqu’on pense Alfa Romeo, c’est ce rouge tout simplement parfait dont le constructeur italien a le secret.

Donc, elle est rouge. Un bon présage, me dis-je pour me rassurer – on se raccroche à ce qu’on peut. C’est que, au moment de m’installer derrière le volant, mes mains se font moites. Et si je  » cale  » en sortant du garage ? Et si, pis encore, je démarre en trombe et perd le contrôle ? Je me lance malgré tout, la peur au ventre et… tout se passe parfaitement bien. Les 185 chevaux sous le capot, je les dompte. Tout comme le changement de vitesse au volant –  » avec des palettes, comme un kart « , me dit-on sans savoir que je n’ai jamais pris le volant d’un tel engin… Il faut dire que, courageuse mais pas téméraire, j’ai opté pour la version Selespeed, qui permet une conduite semi-automatique : je peux donc me concentrer entièrement sur ces fameuses palettes de changement de vitesse sans devoir en plus me préoccuper d’embrayer en douceur.

Passé les premiers kilomètres, j’ose passer en mode  » manuel « , pour tenter une conduite plus sportive. La sensation de puissance est plutôt sympa, et la tenue de route rassurante. Je prends même un certain plaisir à monter dans les tours, et surtout à observer les réactions des autres conducteurs, qui se font  » gratter  » au feu rouge par un petit bout de femme dans une vraie voiture de jeune cadre dynamique… célibataire. Parce que, au moment d’installer les sièges pour enfants à l’arrière, une évidence s’impose : c’est tout simplement impossible. Mais, de toute façon, les mouflets sont-ils réellement compatibles avec le look racé de ce coupé sport ?

2. Audi S5 4,2l 354 CV 6V quattro Un monstre de puissance mais discret

Tapie au fond du garage Audi, la nouvelle S5 paraît très imposante avec ses 4,63 m et sa belle largeur frisant les 2 m. Première impression : les petites rues de Bruxelles devront être abordées avec prudence. Un collègue journaliste qui vient, lui, de prendre livraison d’un VW Tiguan reste bouche bée devant mon  » choix « . Il est vrai que, généralement, j’opte davantage pour les petites Polo que pour des gros monstres développant 354 chevaux… Faisant confiance à mon  » professionnalisme « , le PR m’a laissé carte blanche pour prendre la S5 en main. Le contact ? Il faut débrayer et appuyer sur le bouton  » start « . Débloquer le frein ? Il faut pousser sur la pédale et tirer sur un autre bouton… Facile ? Oui, mais il fallait le savoir ! Première surprise, alors que je la croyais lourde et difficilement maniable, cette voiture est, au contraire, souple et ultrafacile à conduire. Le moteur V 8 ronronne agréablement et une brève pression sur la pédale d’accélérateur fait réagir les huit cylindres, délivrant 260 kW de puissance. Enivrant !

Il me tarde de tester la S5 sur autoroute. Dans les artères de la capitale, elle fait déjà tourner les têtes par son gabarit imposant mais aussi par le bruit rauque de son moteur.

Son look ? Sur un nouveau châssis, le coupé S5 est habillé d’une carrosserie griffée Walter De Silva. La marque de fabrique (il est le concepteur de l’Alfa 156) : un capot plongeant avec un arrière robuste et carré. Le tout couplé à de larges jantes. L’intérieur est à l’exemple de toutes les Audi avec toutefois une pointe de raffinement en plus. Notons ainsi des sièges sport estampillés  » S5  » et de fines et élégantes baguettes d’aluminium sur les commutateurs d’éclairage, la commande de climatisation ou les diffuseurs d’air. Sans aucun doute, un véhicule prestigieux et de grande classe sans être tape- à-l’£il.

Sur autoroute, elle se révèle la voiture de mes rêves. Silencieuse, l’Audi S5  » colle  » véritablement à la route grâce à son châssis sport S, des stabilisateurs renforcés, un réglage ferme de la suspension et de l’amortissement réduisant les mouvements de caisse. Même à haute vitesse, sa belle largeur d’essieu et son empattement lui assurent une tenue de route impeccable. A Malines, deux petits malins en Golf suréquipée roulent à ma hauteur durant de longues minutes. Pour mettre fin à ce  » petit jeu « , il me suffit de pousser légèrement sur l’accélérateur pour qu’elle file et les laisse sur le carreau… Tout simplement jouissif !

3. Porsche 911 Carrera 4S Coupé Une puissance qui fait des jaloux !

Se faire prêter une Porsche mythique ? Pas si facile que cela, même quand on est journaliste. Ce joujou-ci, on ne pourra s’amuser avec lui que pendant 48 heures. Mais il n’en faut pas plus pour y prendre goût : conduire une Carrera, c’est addictif !

Ce jour-là, pas de chance, le temps est à la pluie. Ou plutôt,  » les conditions de conduites sont mauvaises « , pour utiliser le vocabulaire de pro du concessionnaire qui, au passage, me met discrètement en garde contre les démarrages en trombe et les dérapages incontrôlés. Mais,  » avec les quatre roues motrices, vous n’aurez aucun souci. C’est très sécurisant « , s’empresse-t-il d’ajouter à la vue de ma mine déconfite. Visiblement peu habitué à mettre un moteur de 355 chevaux entre les mains d’une femme – le fait d’être blonde joue-t-il en ma défaveur ? -, il ne semble lui non plus pas trop rassuré. Après des explications ultradétaillées, il insiste sur les jantes dont il faut  » être très attentif à ne pas les griffer en se garant « . A plusieurs centaines d’euros pièce, on fera attention, promis. Et tout le reste est à l’avenant, puisqu’avec toutes ses options, cette voiture de rêve culmine quand même à 122 000 euros…

C’est dire si on la joue profil bas : au moins trois tours de parking avant de se lancer sur la route – le ridicule n’a jamais tué personne. Et un respect pointilleux des limitations de vitesse, même si c’est un peu frustrant. Le lendemain, l’estomac déjà moins noué à l’idée de prendre le volant, on appuie (un tout petit peu) sur le champignon. L’accélération est tellement puissante qu’on se sent immédiatement plaqué contre le dossier de son siège en cuir. Tout simplement grisant, même pour quelqu’un qui a toujours assimilé la conduite à un mal nécessaire plus qu’à un plaisir !

Ici, les réactions des autres usagers de la route sont nettes et tranchées. La Carrera n’échappe à aucun regard, qu’il soit admiratif, interloqué ou carrément envieux. Il faut dire que, quand le fameux Pack Sport est enclenché – suspension plus dure, conduite plus nerveuse et surtout bruit plus puissant -, on passe difficilement inaperçu. Et c’est tant mieux !

4. Mercedes G 320 CDI L Un Rambo survitaminé

Le Mercedes G, conçu initialement pour l’armée, est sorti en 1979 et son look pur et dur ne semble pas avoir pris une ride. C’est dire que dans le garage où j’en prends livraison, il détonne fameusement au milieu de toutes ces magnifiques et élancées  » flèches  » d’argent. Le PR, un peu étonné de ma demande, approuve mon choix quand je lui dis que c’est pour vanter les mérites d’une automobile plaisant aux hommes mais conduite par une femme.  » D’autant plus, affirme-t-il, que l’on vend très peu de Mercedes G en Belgique et que, ce véhicule s’impose donc comme un bel objet rare et très cher…  » Vrai. Dans les rues de Bruxelles, les regards se font insistants. Le Mercedes G joue un peu les ovni dans le paysage : il n’est pas tout à fait un utilitaire, ni un 4 x 4, encore moins une berline de luxe… Mais son retour dans le civil lui a néanmoins donné des goûts d’enfants gâtés. Si sa ligne est encore taillée à la serpe, l’intérieur et l’extérieur sont, eux, hypersophistiqués. Au menu : de nouvelles jantes en alliage léger, des phares antibrouillard dotés de la fonction virage, de nouvelles finitions de peinture offrant une meilleure résistance aux rayures et, dans l’habitacle, du cuir, du bois et des plastiques épais et résistants. En la prenant en main, la boîte automatique surprend. Je me demande si en me facilitant la vie, je vais encore connaître des sensations  » sport  » en roulant si peinarde ?

Autre difficulté avec sa longueur de 4,58 m, le Mercedes G ne se faufile pas n’importe où. Si le véhicule est souple à manipuler, on se rend vite compte que, mine de rien, sa conduite s’avère épuisante. Son poids important n’y est pas pour rien. Au feu rouge, un regard m’interpelle : je suis presque à la hauteur du chauffeur du bus 42 !

Pour corser le test, je m’évade dans les petits chemins de campagne : que du bonheur car aucune flaque d’eau, ni fosse, ni bosse ne lui résiste. Le grondement de son moteur, même au ralenti, fait fuir les lapins dans les champs, les chiens… et même les promeneurs quelque peu apeurés… Pas très écologique tout cela !

D.Ki.; Ch.P.; D. Ki.; Ch.P.

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