Plus que jamais dans la maison, les contraires s’attirent : le maxi côtoie le mini, le blanc pur se booste au flashy et le vintage revisité se mêle au design pointu. Weekend décode pour vous les 10 ingrédients du succès de cette nouvelle  » shaker attitude « .

XXL et XXS

On cultive la passion des extrêmes. La priorité est donnée à quelques objets spectaculaires qui accrochent l’£il : un canapé maxi et coloré comme le nouveau modèle Patchwork de Pascal Mourgue pour Ligne Roset (3), un pouf rococo géant comme le fashion bag Marie Antoinette de Sitting Bull ou les vases surdimentionnés de Luisa Bocchietto pour Serralunga (1). Effet Alice au pays des merveilles assuré. A l’inverse, le reste du mobilier qui doit cohabiter avec ces colosses de la déco se la joue plutôt  » small is beautiful « . Les tabourets d’appoint et les tables à rallonge sont les nouvelles guest stars de la maison. Idem pour les petits fauteuils compacts, comme la version lilliputienne du canapé Skin de Jean Nouvel pour Molteni (2).

Belgian touch

Une nouvelle génération de jeunes créateurs a su attirer l’attention de quelques grands noms de l’édition. Sylvain Willenz rejoint la dream team d’Established & Sons ( lire pages 54 à 58). Chez Ligne Roset, Nathalie Dewez propose son élégante lampe à poser Lamp06 (4) et Charlotte Lancelot son tapis Point de Croix. Quant au trio Big Game, c’est chez Balouga, spécialisé dans le design haut de gamme pour enfant, qu’ils distribueront Miles 01 et Miles 02, des tapis ludiques en forme de circuit automobile (3).

Loft paradise

Les espaces ne cessent de se décloisonner : après la cuisine qui se veut pièce à vivre, la chambre qui se prolonge en salle de bains, le jardin et le bureau font l’objet, à leur tour, de toute l’attention des fabricants. Les lieux de vie s’interpénètrent et les meubles deviennent polyvalents, comme les petits tables de jardin Canesta dessinées par Patricia Urquiola pour B&B Italia (1) qui ne dépareilleraient pas du tout dans le salon. Idem pour le bureau Big Boss de Marco Zanuso Jr pour Artelano qui pourrait aussi bien faire office de coiffeuse. Grâce à son fond recouvert de tissu, l’élégant bureau Folio de Patrick Norguet pour Silvera permet de s’isoler un peu dans une pièce à usage mixte. Une philosophie que l’on retrouve aussi chez Vitra dans toute la collection Net’n’Nest développée à l’origine pour les bureaux paysagers et qui s’intègre parfaitement dans les intérieurs privés. Pour preuve, le Love Seat des frères Bouroullec (2), version compacte du sofa Alcove.

Objet à tout faire

Parce que le prix de l’immobilier flambe, que l’espace manque surtout pour les familles recomposées à besoins variables, le meuble ou l’objet capable de remplir plusieurs fonctions saura plus qu’un autre se rendre indispensable. On pense au pouf Pastille de Leolux (5)qui se transforme en un clin d’£il en petit fauteuil bas. Quant au iTamtam de Branex (6), il fait muter le tabouret en enceinte acoustique high-tech. Plus anecdotique, mais en plein dans l’air du temps, le gâteau qui sort du moule signé Konstantin Slawinski n’est plus uniforme mais présente déjà des parts de largeur et de hauteur variable pour faire face à tous les appétits d’une même famille.

Effet tectonique

Le minimalisme monochrome a fait son temps. Comme en mode, les couleurs et les imprimés fun et brillants des sixties et des seventies font leur entrée dans la maison. Pour réveiller le blanc jugé trop clinique, on ose un meuble flashy, un ensemble de vases acidulés – le jaune citron est  » la  » couleur de la saison – des coussins ou des tentures aux motifs géométriques. Chez Louis Design (1), nouveau label présenté en janvier au salon Meubles Paris, le bois des vaisseliers, des consoles et des bibliothèques se pare de laque rouge, jaune ou myrtille. Chez Vange, le K- Baby de Charles Kaisin se décline désormais en couleurs 100 % Bollywood, comme le Sacco de Zanotta qui fête cette année ses 40 ans. Chez Aquamass, Jean-Pol Piron a aussi misé sur des couleurs fruitées pour sa nouvelle gamme de baignoires Dip (2), 100 % recyclables.

écologiquement correct

La tendance biobo s’affirme dans la maison : le bois brut de décoffrage, comme chez Ethnicraft ou recyclé comme dans le tabouret Particule d’Adrien Rovero pour le VIA (4) est le matériau phare du moment. Un bel objet artisanal – comme les corbeilles en cuir tressé de Douglas Legg pour Eno – trouve parfaitement sa place dans un intérieur design. L’envie de nature, même en ville, se retrouve aussi dans les nouveaux imprimés de Marimekko, la palme revenant à la Fête de Printemps de Miina Äkkijyrkkä (5), mettant en scène un troupeau de veaux débridés dans un pré. Et les petits vases Grass du duo danois Claydies pour Normann Copenhagen surfent sur la même envie champêtre.

Starck forever

S’offrir du Starck en 2008 ? Un must. S’il n’a jamais vraiment disparu du circuit, le designer français (photo) fraîchement marié, refera beaucoup parler de lui cette année. Un livre d’entretiens avec la journaliste Laure Adler sortira en septembre prochain. En avril, lors du Salon du meuble de Milan, il présentera sa nouvelle collection de robinetterie design pour Axor. En janvier dernier, lors du salon Maison & Objet, à Paris, son vase soliflore Oups faisait un tabac chez Baccarat (3), une maison qui lui devait déjà son très beau revival. Elle ressort d’ailleurs cette année une édition numérotée des iconiques verres en cristal noir Harcourt.

Mater

Assurément le label dont tout le monde parle. Surtout depuis que le trendsetter magazine Wallpaper* lui a décerné l’award du nouvel éditeur le plus prometteur. Mater n’ambitionne pas seulement de créer des produits exceptionnels mais aussi d’améliorer le niveau de vie des communautés qui travailleront pour la marque. Comme les tailleurs de pierre du Rajasthan choisis par l’américain Todd Bracher pour réaliser cet étonnant set de huit pièces de marbre et de bois (3) combinables pour créer des vases, des bols et des chandeliers.

Vintage relooké

L’ancien et le nouveau font à nouveau bon ménage. Et le kitsch d’hier est le hype d’aujourd’hui. Le porcelainier espagnol Lladro, avec sa collection Re-Cyclos, n’hésite pas à demander à de jeunes designers de bousculer les classiques de la maison en les customisant. Chez Vitra, on réédite la Fonda Chair des Eames (1). Quant aux fauteuils, poufs et canapés Pumpkin (2) créés par Pierre Paulin en 1971 pour les appartements de Claude et Georges Pompidou à l’Elysée, ils font l’objet d’une première édition commerciale chez Ligne Roset.

Le  » DA  » roi

Si nos intérieurs se panachent, les éditeurs de meubles sont de plus en plus nombreux, comme en mode, à s’offrir les services d’un directeur artistique. Garant de la cohérence du label, il ne signe pas pour autant – à la différence de ce qui se passe dans l’univers du vêtement – toutes les créations de la maison. Chez Neology, nouvelle marque française de mobilier contemporain présentée en janvier sur Meubles Paris, c’est Christophe Pillet qui s’est vu charger de  » conférer une pertinence supplémentaire à la collection « . Chez Tujague, Christophe Delcourt (4) associe son nom à deux nouvelles familles de meubles d’appoint.

Isabelle Willot

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