Signe du temps

La montre automatique Captain Cook High-Tech Ceramic Diver de Rado (3 750 euros). © SDP

Il y a soixante ans, sa première montre «inrayable» s’imposait comme nouvelle norme dans l’industrie. Aujourd’hui, Rado continue sa recherche de matériaux toujours plus durables, tout en s’appuyant sur son savoir-faire.

Derrière la ligne simple d’une montre en céramique comme en fabrique le label suisse Rado, se cache en réalité un minutieux processus de production. Le travail de la fine poudre de zirconium aboutit en un matériau ultrasolide, tandis que les designers et les ingénieurs jouent avec les pigments, le gaz, la chaleur et le temps pour créer des couleurs spécifiques ou des effets métalliques. Il faut dire que l’innovation est la marque de fabrique de l’horloger de Lengnau et ce depuis bien longtemps. Car la griffe, lancée en 1957 au sein d’un atelier familial spécialisé, a rapidement mis l’accent sur la solidité des boîtiers et les bracelets. En effet, à l’époque, ces derniers étaient loin d’être à l’épreuve des rayures, si bien que les spécimens en acier ou en or devaient régulièrement être polis. En prime, des montres à quartz moins chères étaient fabriquées ailleurs. Quant aux modèles à remontage manuel ou automatique, ils représentaient des objets plus durables en termes de mécanique. La pression était telle qu’il fallait être à la hauteur sur tous les fronts pour rester compétitif.

‘Les jeunes consommateurs sont prêts à payer un peu plus pour un produit à longue durée de vie. ‘

MOINS, MAIS MIEUX

La DiaStar 1, la première montre dite «inrayable» – une véritable nouveauté à l’époque – fut commercialisée en 1962. Le cadran était recouvert d’un verre saphir, désormais courant dans les montres de luxe, remplaçant le verre ou le plastique. Toutefois, c’est le boîtier ovale en carbure, un matériau alors utilisé principalement dans les ciseaux et autres outils, qui créa la surprise. Dans les années 80, on assista à une nouvelle révolution avec le recours à la céramique de haute technologie – à ne pas confondre avec la fragile faïence faite d’argile cuite. Le matériau était déjà employé à des fins aérospatiales et médicales, mais il aura fallu des années de recherche pour le transposer aux tocantes. Rado l’a ainsi introduit en 1986 sur le bracelet des modèles carrés Integral ; quatre ans plus tard, suivait la Ceramica, la première montre entièrement réalisée en céramique high-tech.

«Pour les clients, le confort de port et la durabilité sont devenus de plus en plus importants», explique Adrian Bosshard, CEO de Rado, à propos de la popularité de ce matériau presque sept fois plus dur que l’acier, résistant aux rayures, hypoallergénique et léger comme une plume. Sans compter qu’il prend rapidement la température de la peau. «Aujourd’hui, de nombreuses personnes désirent acheter moins, mais mieux. Les jeunes consommateurs, en particulier, sont prêts à payer un peu plus pour un produit à longue durée de vie et à s’informer au préalable pour être sûrs de leur investissement. D’ailleurs, les détaillants sont parfois étonnés par les connaissances de leurs clients en matière de matériaux», poursuit le dirigeant.

LA TOTALE

Depuis lors, quelques horlogers proposent des montres en céramique, même si les différences sont parfois importantes. De nombreux labels placent leurs boîtiers en céramique sur une base en acier invisible de l’extérieur, mais garantissant l’étanchéité de l’accessoire. «La difficulté avec les céramiques high-tech, c’est que vous devez les cuire dans un four et que le matériau se rétrécit au cours du processus, relève Adrian Bosshard. Depuis l’introduction de l’HyperChrome en 2012, nous avons nous-mêmes laissé tomber l’acier. Nous montons désormais le mécanisme directement sur l’intérieur des boîtiers en céramique, sans affecter l’étanchéité. Au fil du temps, nous avons également trouvé le bon équilibre entre la densité et l’élasticité du matériau, de sorte que, contrairement à d’autres, nos modèles ne se brisent pas lorsqu’ils tombent. Ce ne sont pas les machines et la technologie qui font la différence, mais les années d’expérience et de savoir-faire.»

Plus récemment, Rado a investi dans des matériaux durables révolutionnaires. La griffe a d’ailleurs atterri dans le Guinness des records avec sa V10K, une montre dont le boîtier en carbure est recouvert de diamant, ce qui en fait la tocante la plus solide du monde. «Les consommateurs d’aujourd’hui ne veulent pas l’un ou l’autre, mais bien tout en même temps, conclut le CEO. Le meilleur matériau et les meilleures finitions pour l’extérieur, mais aussi le meilleur mécanisme possible à l’intérieur. Pourtant, notre priorité reste l’innovation dans les matériaux et le design autour de modèles emblématiques comme la Captain Cook, une montre de plongée remontant aux années 60. La pandémie et le coup dur qu’elle a porté à l’économie mondiale nous a appris que les marques les plus résilientes sont fidèles à leur ADN.»

rado.com

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