À Versailles le château retrouve son public et la ville mise sur un un nouveau type de tourisme

Depuis quelques semaines, des langues étrangères résonnent à nouveau dans les rues de Versailles: à la faveur des vacances de printemps, les touristes sont de retour pour visiter le célèbre château, qui peine toujours à retrouver sa clientèle d’avant la crise sanitaire, en grande partie chinoise.

Depuis quelques semaines, des langues étrangères résonnent à nouveau dans les rues de Versailles: à la faveur des vacances de printemps, les touristes sont de retour pour visiter le célèbre château, qui peine toujours à retrouver sa clientèle d’avant la crise sanitaire, en grande partie chinoise.

En sortant du RER C, orné de stickers reproduisant la Galerie des Glaces, il faut déjà se frayer un passage entre les voyageurs qui font la queue pour un ticket et ceux qui hésitent devant les panneaux d’affichage.

« C’était très calme jusqu’au mois dernier et puis on a eu une hausse importante du nombre de touristes, essentiellement étrangers. Les trains sont beaucoup plus bondés, on a été surpris », raconte Alain*, un agent SNCF chargé de l’encadrement dans la gare.

Quelques pas dehors suffisent pour comprendre d’où vient cet afflux de passagers: plus haut sur l’avenue de Sceaux, une foule de visiteurs sort du château de Versailles. Les grilles dorées doivent fermer dans une heure environ.

Versailles, décembre 2020

« C’était merveilleux, le meilleur jour de notre séjour en France ! », s’extasie Alessandra, venue de São Paulo avec son compagnon pour deux semaines. Lorsqu’un vendeur à la sauvette s’approche pour lui proposer des porte-clés en forme de Tour Eiffel, elle le congédie d’un sourire, en montrant ses sacs en papier à l’effigie du château. 

Les vendeurs ambulants sont revenus petit à petit ces dernières semaines avec leurs babioles, en même temps que les cars remplis de touristes, qui avaient complètement disparu du parvis du château.

« Le tourisme à Versailles à la belle saison, c’est un peu comme le printemps: il refleurit. Mais là, c’est particulièrement sensible après deux années de disette », assure à l’AFP le maire divers droite de Versailles, François de Mazières.

En 2020 et 2021, le château avait perdu les trois-quarts environ de ses visiteurs à cause de la pandémie. Depuis le début de l’année 2022, le château observe « une reprise progressive du tourisme étranger ».

Toutefois, si la fréquentation s’est redressée sur les premiers mois, elle reste près de deux fois inférieure à la même période en 2019.

Les Asiatiques toujours absents

Dans une boutique de souvenirs à quelques mètres du château, les vendeuses font un constat amer. « On a eu un peu de monde pour Pâques, mais depuis, c’est très calme », témoigne Catherine, qui s’affaire dans le magasin vide. « Le gros de notre clientèle c’était les Asiatiques et on n’en voit quasiment plus », poursuit-elle.

Les Chinois, Hongkongais et Taïwanais étaient le troisième groupe de touristes le plus présent au château en 2019 et représentaient 13% de sa fréquentation. Mais en raison notamment de politiques strictes sur le Covid et des confinements en Chine, ils ne sont pas revenus. Ils sont même si peu nombreux actuellement qu’ils ne sont pas comptabilisés dans les statistiques fournies à l’AFP par le château de Versailles sur le début de 2022.

« Les touristes chinois, hongkongais et taïwanais arrivent généralement en car avec des tour-opérateurs qui les emmènent toujours dans les deux mêmes restaurants, donc c’est un tourisme qui rapporte moins à la ville »

le maire de Versailles

Le maire de Versailles est plus optimiste: pour lui, les chiffres de fréquentation du château du début d’année sont entachés par l’absence de touristes en janvier et février, avant la levée des restrictions sanitaires. Mais « depuis mars, c’est une cadence habituelle des beaux jours », soutient M. de Mazières.

L’absence des touristes chinois, hongkongais et taïwanais, n’inquiète pas non plus le maire. « Ils arrivent généralement en car avec des tour-opérateurs qui les emmènent toujours dans les deux mêmes restaurants, donc c’est un tourisme qui rapporte moins à la ville », estime-t-il.

François de Mazières mise désormais plutôt sur un nouveau tourisme, qui ne tourne plus uniquement autour du château. Il espère notamment attirer grâce à des événements culturels comme la Biennale d’architecture, créée en 2019 et relancée cette semaine, ou le Mois Molière, un festival de théâtre et de musique en juin.

De son côté, le château compte bien reconquérir ses clients, en ouvrant de nouvelles salles inconnues du grand public et en renforçant les spectacles en extérieur.

*le prénom a été changé à la demande du fonctionnaire

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