Manger végétarien pour avoir un impact bénéfique sur la crise alimentaire

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Arrêter ou réduire les produits carnés pour préserver la planète. Une pratique alimentaire que de plus en plus de citoyens engagés dans une démarche écologique mettent en application. Mais selon une nouvelle étude, adopter un régime végétarien pourrait aussi considérablement limiter l’insécurité alimentaire en Europe provoquée par les multiples crises actuelles.

Pourquoi

Blé, orge, huile de tournesol… Depuis plus de deux ans, l’Europe et l’ensemble du monde sont confrontés à une crise alimentaire conduisant à des interruptions de la chaîne d’approvisionnement de certains aliments. Si cette insécurité alimentaire est liée à la pandémie de Covid-19 et à la crise climatique, elle s’est toutefois amplifiée depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février dernier. Selon une nouvelle recherche réalisée par des chercheurs de l’université de Leyde (Pays-Bas) et publiée dans Nature Food, adopter un régime végétarien ou vegan pourrait bien aider à la réduire.

Partant du constat que 60% de la production agricole des cultures ukrainiennes et russes importées servent à nourrir des animaux, le fait d’arrêter de manger la viande libérerait ces terres agricoles et permettrait de compenser « presque tous les déficits de production de la Russie et de l’Ukraine, tout en réduisant la consommation d’eau et les émissions de gaz à effet de serre. « Les animaux sont nourris avec des cultures qui pourraient être consommées directement par les humains : 30 à 40% de toutes les cultures sont destinées aux animaux. Dans l’UE et au Royaume-Uni, ce chiffre atteint 60%. L’agriculture animale occupe également environ 80% de l’ensemble des terres agricoles », arguent les auteurs de l’étude.

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs se sont basés sur les orientations de la Commission EAT-Lancet, un groupe mondial de 37 scientifiques qui démontre le rôle crucial que jouent les régimes alimentaires pour lier la santé humaine et la durabilité environnementale. Ils ont ensuite évalué l’impact potentiel de ces changements en se basant sur plusieurs critères tels que l’utilisation des engrais et les co-bénéfices environnementaux pour l’eau bleue, l’eau verte, les émissions et la séquestration du carbone.

« Cette approche de modélisation nous a permis de suivre les cultures tout au long de la chaîne d’approvisionnement mondiale, des producteurs aux consommateurs, et donc de comptabiliser les produits incorporés dans la chaîne d’approvisionnement mondiale – comme dans le cas du soja produit au Brésil, qui est exporté pour nourrir le bétail aux Pays-Bas, qui est ensuite exporté au Royaume-Uni pour la consommation finale de bœuf », expliquent les auteurs de l’étude.

D’après l’étude, une telle évolution au sein de l’Union européenne et du Royaume-Uni pourrait également contribuer à améliorer la résilience en termes de capacité à se remettre de difficultés telles que l’insécurité alimentaire provoquée par le conflit entre la Russie et l’Ukraine, dans la mesure où cela permettrait d’absorber le choc important que représente la perte de ces grands producteurs alimentaires. « Ce régime serait également meilleur pour l’environnement et la santé dans les pays à revenu élevé », conclut l’étude.

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