Le resto de la semaine: Albert, un open space kafkaïen où luncher local

© MICHEL VERLINDEN
Michel Verlinden
Michel Verlinden Journaliste

Cette enseigne située au cinquième étage de la Bibliothèque Royale de Belgique coupe le souffle en raison de la vue panoramique qu’elle offre sur la capitale. Au menu? Un lunch travaillé par le circuit court.

Où? : KBR, 28, Mont des Arts, à 1000 Bruxelles

Genre: Lunch avec vue

Atmosphère: Open space kafkaïen délicieusement suranné

Addition: Plats entre 16 et 28 euros

Eté 2021, Albert voit le jour. Cette enseigne située au cinquième étage de la Bibliothèque Royale de Belgique coupe le souffle en raison de la vue panoramique qu’elle offre sur la capitale. Côté terrasse, on tutoie le Palais de Justice. Côté baie vitrée, c’est presque toute la skyline bruxelloise qui défile: Atomium, Basilique, Hôtel de Ville… Hélas, voir ne rime pas toujours avec être vu. L’adresse ne s’offre qu’au cénacle de ceux qui la connaissent en raison de l’absence de toute signalisation et d’un accès plutôt austère partagé avec l’imposant bâtiment consacré aux livres.

Aux commandes de cet open space à l’impressionnant volume, le chef Filip Fransen, déjà repéré pour son traiteur Witlof, a décidé de mettre les bouchées doubles pour appâter le chaland. En compagnie de Jérôme Hubert, ex-Marché Noir à Saint-Gilles, il vient de mettre au point un lunch travaillé par le circuit court. Celui-ci, qui s’affiche en version « terroir buffet » ou à la carte, prend place dans un décor inimitable. Avec ses assises orange années 60, ses larges tables taillées pour la distance sociale ou son carrelage constitué de petits carreaux noirs, le lieu se vit comme une parenthèse à l’effervescence urbaine. Le temps y est suspendu.

L’occasion est belle pour accorder aux préparations toute l’attention qu’elles méritent. Va donc pour la carte restreinte – 3 entrées, 4 plats et 2 desserts – dont le programme est infusé à la fraîcheur printanière. En entrée, la simplissime salsa de céleri a tout compris au goût du jour. Cette composition au chromatisme verdoyant panache virgules de céleri avec des câpres, des pignons de pin et surtout des olives Kalamata qui assurent une profondeur à l’ensemble. Bien vu, une vinaigrette au safran ponctue le tout d’une note acidulée vive. Un coup de fourchette dans l’assiette d’en face indique que les croquettes aux crevettes valent également le détour, celles-ci laissent éclater le pur goût du crustacé là où celui-ci est souvent masqué par la bisque. En plat, les cappelletti d’épinards signent une assiette joliment végétale. De fines lamelles de poireaux et une mousse de trompettes de la mort confèrent de la vivacité et des notes forestières aux pâtes à la mâche réconfortante.

Le resto de la semaine: Albert, un open space kafkaïen où luncher local
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