Très symptomatique de l'éternel retour du même, tel que l'a formulé Nietzsche, ce sushi-bar de Gosselies orné d'un " conveyor belt ", un tapis roulant en français, fait défiler le délice nippon e...

Très symptomatique de l'éternel retour du même, tel que l'a formulé Nietzsche, ce sushi-bar de Gosselies orné d'un " conveyor belt ", un tapis roulant en français, fait défiler le délice nippon en boucle, jolie métaphore du destin. " Il faut continuer ", semblent dire, mieux que dans une pièce de Beckett, les assiettes aux bords flashy - vert (3 euros), bleu (5 euros), jaune (6 euros) et rouge (4 euros). Tout le poids de l'existence s'incarne dans cette formule mécanique qui prend place dans un adipeux zoning commercial.Malgré cela, il faut imaginer Sisyphe heureux. Le travail est fait et plus que bien fait : découpes précises, assemblages futés - l'excellent " futocali " à base de carotte, fromage, avocat et concombre - et compositions qui en jettent - " rainbow roll " façon crevette avocat sur une trame saumon et concombre. Le tout vaut la peine de se fâcher avec son époque.