Sara Lenzi, une jeune Napolitaine débarquée à Bruxelles, s'est mis en tête de diffuser du bonheur au coeur d'un quartier " gris ", celui de la gare du Midi. Flanqué de grandes baies vitrées, le lieu est agrémenté d'une table d'hôtes, d'une étagère chargée de bons produits et d'un îlot central en bois clair sur lequel repose l'alléchant buffet. Les fournisseurs ? De proximité, c'est juré : légumes de chez Vert d'Iris (Anderlecht), poissons de chez Pintafish (Louvain) ou viandes de la Ferme de L'Escafène (Ragnies). Tout cela est décliné en ciabatta (5 euros), plat du jour (15 euros), soupe (5 euros) et buffet de légumes (11 euros). A ne pas rater, chaque premier dimanche du mois : le " pranz " (25 euros), un excellent déjeuner italien typique.
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Cette " Oriental Natural Eatery " organise la rencontre des cuisines marocaines et libanaises dans un esprit slow food. Une rareté dans la capitale, qui met du soleil dans les yeux des convives. Le projet prend place dans le décor étroit d'un couloir de briques nues. Le vert pâle du plafond rappelle l'atmosphère de certaines cantines street food croisées à Beyrouth ou au Caire. L'assiette Horia (15 euros) donne le ton de la qualité des préparations : champignons au goût de cannelle, taboulé marqué par le persil plat, riz parfumé, chou blanc quasi confit, keftas pleines de saveurs... Proposée en suggestion, l'aubergine charmoula (13,90 euros) bluffe : un plat végétarien qui décline ce fruit, bien fondant, recouvert d'épinards et d'une sauce sublimée par le cumin. Boissons inespérées, entre bières de la Brasserie de la Senne et magnifique syrah marocaine Tandem (37 euros) d'Alain Graillot. 7, Borgval, à 1000 Bruxelles. Tél. : 02 502 08 48. www.horia.be Nona avec un seul " n " est à comprendre comme l'acronyme de " no name ". Cette adresse déride la pizza made in Belgium dans le sens de la proximité. Le meilleur exemple ? La mémorable " From Dries, with Love " (10,90 euro), une création à base de légumes de saison. Celle-ci repose sur un principe de " pizza blanche ", c'est-à-dire sans sauce tomate, fait la part belle à une mozzarella nationale (si, ça existe ! ), celle de Patrick Cornelissen (Buffl'Ardenne). La garniture est assurée par des choux de Bruxelles dorés ainsi que par des rondelles de radis blanc cru. Soit, une association inédite, à la fois tendre et croquante, misant sur des produits d'exception - l'incroyable maraîcher Dries Delanote à Ypres - et rehaussée de copeaux de parmesan. Une proposition de caractère servie par une pâte irréprochable, fine, bien tendre au centre et plus résistante sur les bords. 17-19, rue Sainte-Catherine, à 1000 Bruxelles. Pas de réservation. www.nonalife.com Incontournable à Namur depuis 1982, cette adresse familiale que l'on doit à Christiane et Willy mise sur un ancrage de terroir fort : bouteilles d'Orval exposées, drapeau wallon au mur et produits locaux - légumes en direct du grand potager d'Haltinne, truites du Chêneau (Annevoie), fromages de la ferme Keirse, viandes de la ferme de Jambjoule à Villers-sur-Lesse... La série des bons fournisseurs de proximité est impressionnante. En phase avec ce credo de coopération, le cadre un rien rustique, avec ses poutres apparentes et son bar en bois sculpté, dit le goût des patrons pour une vie déconnectée du réseau. On ne rate pas la spécialité, la daube de truite en escavèche à la namuroise (13 euros en entrée), ni l'américain savoureux préparé uniquement le week-end (18 euros). 43, rue du Président, à 5000 Namur. Tél. : 081 22 28 08. www.lebonvinnamur.be Derrière cette enseigne, on trouve Caroline Stevenart. Celle-ci signe une cuisine vivante avec une attention portée au végétal pensé comme carburant fondamental de l'organisme, notamment au travers d'une belle collaboration avec la Ferme des Rabanisse (légumes et viandes). La chef puise dans le répertoire des cuisines du monde : fenouil confit, tartare d'algues, tatin de navet, houmous du jour... Le tout en plats à partager assez jubilatoires. A cette approche répond une mise en scène pure : colonnes en métal, troncs d'arbres apposés aux murs, chaises en tissu pied-de-poule... Pour ne rien gâcher, la question du vin est abordée avec sérieux - Marcel Lapierre, Fanny Sabre. 56, rue de Champles, à 1301 Bierges. www.tero-restaurant.com Jonas et Laurence Haegeman ont dernièrement repris le restaurant familial créé par leurs parents, il y a vingt ans. Ils y servent des plats qui flairent bon la nature, avec un premier menu à 45 euros, où les légumes locaux et les herbes cueillies dans les Ardennes flamandes jouent un rôle prépondérant. Le tout combiné à des poissons de la mer du Nord, issus de la pêche durable, ou des viandes et volailles provenant de petits producteurs. La créativité n'est pas en reste, à l'instar de ce yaourt aux myrtilles dans lequel on retrouve... du chou rouge fermenté. Quant au décor, il est en phase avec la pureté des mets. 5, Kasteelstraat, à 9660 Brakel. Tél. : 055 42 84 48. www.devijfseizoenen.be Après avoir appris les ficelles du métier auprès de maîtres pâtissiers en France et à Hong Kong, Mico Cheung a ouvert cette enseigne avec son époux, le chef Jonathan Leung. Le couple y propose une cuisine d'inspiration asiatique à base de produits locaux, dont les légumes de saison de l'entreprise agricole naturelle Ons Logisch Voedsel. Le tout pour une addition bien contrôlée, les plats ne dépassant pas les 19 euros. Se laisser tenter par les crêpes aux oignons de printemps et à la poitrine de porc, c'est adopter définitivement l'adresse ! Pas question, néanmoins, d'en repartir sans avoir testé les raviolis maison, des plus traditionnels aux variantes à la betterave, et bien évidemment les fabuleux desserts, comme ce cotton cheesecake japonais ou cette tarte à la crème brûlée parfumée à la bergamote. A accompagner d'un verre de bon vin naturel, d'un thé matcha glacé ou d'un latte au sésame noir. 53, Kasteelpleinstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 344 79 05