Ce que vous avez sous les yeux n'est pas un tableau abstrait, mais l'infiniment petit d'une tranche de feuille de Glaucium flavum vue au microscope photonique. Si la plasticienne Laetitia Bica a choisi ce pavot cornu jaune comme fil rouge de ses recherches plastiques, c'est pour mieux croiser la science et l'art, enlever des barr...

Ce que vous avez sous les yeux n'est pas un tableau abstrait, mais l'infiniment petit d'une tranche de feuille de Glaucium flavum vue au microscope photonique. Si la plasticienne Laetitia Bica a choisi ce pavot cornu jaune comme fil rouge de ses recherches plastiques, c'est pour mieux croiser la science et l'art, enlever des barrières, se disperser en somme. Voilà pourquoi elle a titré sa nouvelle exposition Dispersion, ce terme qui convient aussi au langage scientifique et qu'elle aime pour sa forme " poétique et positive ". En photographe ouverte sur l'inattendu, elle est partie en vagabondage avec Corentin Spriet, chercheur à l'Unité de glycobiologie structurale et fonctionnelle de l'université de Lille. Ensemble, ils ont arpenté les terrils de Loos-en-Gohelle, dans le nord de la France colonisé par cette fleur hautement toxique que l'on retrouve habituellement sur le littoral méditerranéen et qu'elle a photographiée in situ. " Ma première réflexion, confie-t-elle, fut de constater que l'on utilise les mêmes mots en biologie végétale et pour les humains, migration, colonisation, exotique, autochtone... Nous avons ensuite disséqué cette plante, pour pouvoir la regarder au microscope. Se sont alors ouverts des paysages, des pays entiers dans un même échantillon. Pour le scientifique, ces images véhiculent des données, pour moi, un imaginaire. Nous n'y voyons pas les mêmes choses. C'est le propre de cette exposition, s'interroger sur comment on regarde le vivant. " L'aventure est à portée de main.