Un mercredi d'avril ensoleillé. Cyril, 23 ans, et Hortense, 14 ans, arrivent chacun avec leur maman. " Voici notre famille réunie ! " annonce l'étudiant en communication. C'est que Jeanne et Marine, les mères en question, en couple depuis quatre ans, ont eu leur enfant " toute seule ". Chacune a en effet eu recours à un donneur de sperme, l'alternative la plus évidente pour toutes les deux. " Mon meilleur ami était prêt à me donner le sien, mais j'envisageais avec appréhension ce lien qui nous unirait à jamais ", explique Jeanne, qui désirait Cyril plus que tout. Autre son de cloche chez Marine, dont le boss, devenu très proche, lui a proposé de l'aider lui-même. " La demande a été refusée par l'équipe médicale du centre PMA. Sur le plan déontologique et éthique, ils ont estimé le lien hiérarchique trop important... " raconte la maman d'Hortense, qui s'est résolue à faire appel à un anonyme. " C'est du cas par cas. Certaines situations ne cadrent pas, comme un beau-père qui le ferait pour sa belle-fille car son fils est stérile ", précise le Dr Romain Imbert, responsable du Centre de Procréation Médicalement assistée au Chirec, à Bruxelles, qui rappelle au préalable que si trois types de procédures existent, deux sont autorisées en Belgique. " Le don de sperme anonyme de volontaires qui souhaitent pouvoir aider un autre couple à concevoir, et le don direct, souvent d'un ami proche, à une femme ou à un couple. C'est une décision importante, résultant de l'accord entre le donneur et le receveur ou la receveuse ", complète le spécialiste. Quant à la troisième catégorie, il s'agit des " open donneurs ", autorisés notamment au Danemark et qui permettent aux enfants de rencontrer celui qui a contribué à leur naissance.
...