C'est un festival comme une apothéose, l'aboutissement du projet européen United Fashion, qui marque quatre années d'échanges entre créateurs du Vieux Continent, de partages d'informations et de connaissances, avec toujours en ligne de mire le questionnement (durable) de l'industrie et de ce que la mode pourrait être. "Bruxelles est la capitale de l'Europe, même si elle n'est pas celle de la mode, rappelle Elke Timmerman, directrice du MAD LAB +. Mais en tant qu'organisme de soutien et de promotion des jeunes créateurs, on s'est dit qu'on pouvait jouer un rôle dans la réflexion sur la durabilité. C'est la première fois que la Commission européenne soutient un tel projet, la mode ne fait pas partie du patrimoine culturel, c'est donc une reconnaissance."

Cynthia Mai Ammann
© Cynthia Mai Ammann

Jusqu'au 6 juin, MAD Brussels concentre ainsi, en digital pour partie mais aussi dans la vraie vie, sauf contrordres, le résultat de quelques réflexions très concrètes. Outre des talks et des workshops en ligne, en ses murs, l'exposition United Fashion Festival invite à la déambulation féconde. Les silhouettes et les oeuvres de 40 créateurs venus de neuf pays différents devraient mettre en pièces nos certitudes déjà passablement ébranlées. Il est question de surconsommation, de déconstruction, de réduction des déchets, de régénération, de réparation, d'héritage, du luxe de l'ancien, de longévité et de la force de la collectivité, tout cela passé par les mains des aînés, de Martin Margiela à Marina Yee ou Xuly Bët, et de la génération montante, de Kevin Germanier à Tom Van der Borght, de Louis Appelmans à Ester Manas.

S'ils ont été choisis pour figurer dans cette expo, c'est parce qu'ils ont eu le talent de "se questionner eux-mêmes avant de vouloir changer l'industrie". Aya Noël, cocuratrice, rappelle combien ces "game changers" ont en commun des réponses personnelles apportées aux interrogations essentielles et aux constats généralisés d'un désastre terrifiant - du saccage de la planète à la sacralisation de l'ego surdimensionné. L'idée ici est d'inviter le spectateur à sonder son rapport à la mode et à ce qu'elle pourrait être.

Pour le festival United Fashion, des créateurs ont imaginé une collection durable à partir de pièces de seconde main., Yaqine Hamzaoui
Pour le festival United Fashion, des créateurs ont imaginé une collection durable à partir de pièces de seconde main. © Yaqine Hamzaoui

"Ce ne sera pas une expo classique avec de belles silhouettes qu'on a envie de porter, prévient Aya Noël, mais des pièces qui peuvent "frotter" un peu." Ce qui n'empêche pas, elle le promet, que le tout soit placé sous le signe de la joie, du plaisir, de la tentation contagieuse du do-it-yourself et du collectif régénérant. La preuve tangible par la collection DailyMenu façonnée pour l'occasion par un trio transfrontière, composé de la Belge Doriane van Overeem, de l'Autrichien Maximilian Rittler et de la Tchèque Karolina Jurikova. Ensemble, ils ont créé six pièces unisexes, durables, multimorphologiques, produites en Belgique et en République tchèque, en vente à l'expo et sur l'e-shop de ce festival semeur d'espoir. Car le changement est à portée de main, pas besoin d'attendre demain.

United Fashion Festival, MAD Brussels, 10, place du Nouveau Marché aux Grains, à 1000 Bruxelles. unitedfashionfestival.eu

Tom Van der Borght, SDP
Tom Van der Borght © SDP
C'est un festival comme une apothéose, l'aboutissement du projet européen United Fashion, qui marque quatre années d'échanges entre créateurs du Vieux Continent, de partages d'informations et de connaissances, avec toujours en ligne de mire le questionnement (durable) de l'industrie et de ce que la mode pourrait être. "Bruxelles est la capitale de l'Europe, même si elle n'est pas celle de la mode, rappelle Elke Timmerman, directrice du MAD LAB +. Mais en tant qu'organisme de soutien et de promotion des jeunes créateurs, on s'est dit qu'on pouvait jouer un rôle dans la réflexion sur la durabilité. C'est la première fois que la Commission européenne soutient un tel projet, la mode ne fait pas partie du patrimoine culturel, c'est donc une reconnaissance." Jusqu'au 6 juin, MAD Brussels concentre ainsi, en digital pour partie mais aussi dans la vraie vie, sauf contrordres, le résultat de quelques réflexions très concrètes. Outre des talks et des workshops en ligne, en ses murs, l'exposition United Fashion Festival invite à la déambulation féconde. Les silhouettes et les oeuvres de 40 créateurs venus de neuf pays différents devraient mettre en pièces nos certitudes déjà passablement ébranlées. Il est question de surconsommation, de déconstruction, de réduction des déchets, de régénération, de réparation, d'héritage, du luxe de l'ancien, de longévité et de la force de la collectivité, tout cela passé par les mains des aînés, de Martin Margiela à Marina Yee ou Xuly Bët, et de la génération montante, de Kevin Germanier à Tom Van der Borght, de Louis Appelmans à Ester Manas. S'ils ont été choisis pour figurer dans cette expo, c'est parce qu'ils ont eu le talent de "se questionner eux-mêmes avant de vouloir changer l'industrie". Aya Noël, cocuratrice, rappelle combien ces "game changers" ont en commun des réponses personnelles apportées aux interrogations essentielles et aux constats généralisés d'un désastre terrifiant - du saccage de la planète à la sacralisation de l'ego surdimensionné. L'idée ici est d'inviter le spectateur à sonder son rapport à la mode et à ce qu'elle pourrait être. "Ce ne sera pas une expo classique avec de belles silhouettes qu'on a envie de porter, prévient Aya Noël, mais des pièces qui peuvent "frotter" un peu." Ce qui n'empêche pas, elle le promet, que le tout soit placé sous le signe de la joie, du plaisir, de la tentation contagieuse du do-it-yourself et du collectif régénérant. La preuve tangible par la collection DailyMenu façonnée pour l'occasion par un trio transfrontière, composé de la Belge Doriane van Overeem, de l'Autrichien Maximilian Rittler et de la Tchèque Karolina Jurikova. Ensemble, ils ont créé six pièces unisexes, durables, multimorphologiques, produites en Belgique et en République tchèque, en vente à l'expo et sur l'e-shop de ce festival semeur d'espoir. Car le changement est à portée de main, pas besoin d'attendre demain.