Louis Vuitton, Agnès b., Elie Saab - Paris défile, fin

09/03/11 à 23:44 - Mise à jour à 23:44

Source: Weekend

Dernier jour de défilés. L'apothéose théâtrale avec Vuitton, ultra fétichiste.

Louis Vuitton, Agnès b., Elie Saab - Paris défile, fin

Du noir, encore, dans la cour carrée du Louvre, avec des ballons ronds qui bougent doucement dans l'air matinal et un escalier black carpet sur lequel s'affairent des (fausses) soubrettes de grand hôtel, plumeau à la main occupées à dépoussiérer..., mais quoi au juste ? A l'intérieur, d'autres soubrettes et des grooms, des coupes de champagnes et des mini pommes de terre couronnées de caviar, au milieu une cage d'ascenseur en fer forgé. Tout est noir, brillant, un piano égrène quelques notes et puis elles débarquent, les filles Vuitton. Et quelles filles : Aymeline, Raquel, Kasia, Stella, Jacquelyn, Freja, Naomi, Jourdan, Amber, Maria Carla et Kate (nul besoin des noms de famille, n'est-ce pas ?). Képi fiché droit sur la tête, " Nylon monogtramLock-il bag " ou " Mon, Oh ! Gram handcuffLock-itclutch " à la main, masque loup en guise de serre-tête, air canaille, entre échangisme et fantasmes assumés, exposés. Ne pas chercher plus loin, Marc Jacobs a baptisé sa collection " Fe-tish also Fe-tish ", explication étymologique fournie par la maison : " 1. An object believed to have a magical power. 2. Something to which one is irrationaly devoted. Origin: 1605-15; earlier "fateish", latin: "factitius", factitious. " Ca donne des silhouettes très construites, tenues, en jupe crayon ou jodhpur, en veste courte bi matières à manches en fourrure, en culotte de cachemire, en trench-coat monogrammé ou en sweater cachemire et cuir laqué comme moulé sur le buste plus quelques Claudine en cuir blanc ou noir faussement sages. Un vrai show, théâtral (trop peut-être) qui se termine par mademoiselle Moss taffant voluptueusement, rebelle un jour, rebelle toujours. Le fétichisme, c'est ça aussi.

De l'or, des miroirs, des lustres à pampilles de verre dans le salon Pompadour de l'Hôtel Meurice où siège déjà Sophie Marceau. On était prévenu : sur le carton d'invitation, le portrait de la Pompom avec , tagué à la main par Agnès b., un "... oui mais, vive les révolutions !" qui annonçait la couleur - bleu, blanc rouge sur cocarde et feutre mou. Une démonstration, avec le sourire en prime, de sa légèreté légendaire : caraco de coton gris sur jupon long en velours milleraies, redingote sur menuet en coton émerisé chocolat, jeans cuir noir, burnou en laine tissée, jupe imprimé numérique " pavé bleu " ou " escaliers fuchsia ", jupon en tulle de soie noir et cardigan noir à boutons pression doré (tout de même). Salut final avec un petit couple de mariés (tulle et col Danton) et sa suite sous les serpentins. Agnès b. aime la fête. D'ailleurs elle compte bien remettre ça, le 2 avril, à New York, 50, Howard Street dans sa nouvelle boutique états-unienne où l'on trouvera tout d'elle, plus une collection de tee-shirts d'artistes créés spécialement pour l'occasion par Rostarr, Young Kim, David Ellis, Jonas Mekas et Louise Bourgeois. " A new Agnès b. galerie boutique ", champagne.

Un encadrement gigantesque, blanc, un espèce de portique noir, de guingois, dans la tente de l'espace éphémère aux Tuileries. Daisy Lowe, mannequin, "styliste anglaise" et bodyguardée pose pour les photographes people tandis que quelques sculpturales libanaises sur leur 31 piaffent d'impatience, c'est que Elie Saab, leur créateur chouchou, sait comment embellir les nuits beyrouthines. Ses " belles de jour échappées d'un film de Luis Bunuel " arpentent le podium sur du Serge Gainsbourg et/ou Jane Birkin pour Gainsbarre, affûté par Michel Gaubert. Silhouette crayon, à la chic parisien, crêpe de laine rouge baiser, prune ou sable blond, ajours de dentelles et de mousseline, drapés portefeuille, et en " outsider ", du cuir, de la maille et de la fourrure noire onyx- un jeté d'épaule en renard par ci, un top laine et peau par là. Le soir est grand soir, comment en serait-il autrement ? Les robes pailletées s'ouvrent donc très haut sur les cuisses. Par ici, les princesses.

Anne-Françoise Moyson

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