Bretagne,quatre îles secrètes

01/06/12 à 16:29 - Mise à jour à 16:29

Sable fin, ports de pêche ou falaises : ces quatre îles françaises au large de l'Atlantique se dévoilent... en toute simplicité. Mais avec charme et tempérament. Ambiances.

Houat, la plus spectaculaire

Un croissant de sable à la courbe parfaite, des dunes fleuries de lys maritime, une eau limpide qui donne l'illusion aux "voileux" de mouiller dans une baie tropicale : Houat abrite la plus belle plage de Bretagne ! Cette sublime carte postale est pourtant loin de résumer une terre haut perchée sur l'Atlantique, qui, à la pointe Beg er Vachif, défie carrément l'océan avec l'aplomb d'une sentinelle. Ponctué de criques secrètes, un défilé de falaises coiffées d'une lande généreuse, tel est l'autre visage de l'île. Au galop, il faut au moins quatre ou cinq heures de marche pour en faire le tour par ces sentiers côtiers qui finissent par ramener tout le monde au village. Un bourg charmant aux maisons blanches d'où émerge le clocher en pierre de l'église, en surplomb du port. Le curé de la paroisse n'est pas le seul à aller taquiner le bar et le lieu jaune. Une dizaine de bateaux professionnels animent les quais de leurs allées et venues, survivance encore vive d'une époque où les Houatais étaient réputés les meilleurs pêcheurs de homard des dizaines de milles alentour... Pour en savoir plus sur l'histoire de l'île, rendez-vous au musée de l'Eclosarium, qui propose aussi un film consacré à "l'infini petit des océans" et des explications sur le phytoplancton.

Hoëdic, la plus douce

"Les quotidiens sont disponibles en fonction des bateaux", annonce une pancarte affichée à la Trinquette, le café-presse situé juste à côté de l'église et du Fourn'île, la boulangerie-tabac ! Bienvenue à bord de Hoëdic (prononcez "hédic"), petit bout de Morbihan jeté au large de Quiberon, non loin de Houat et de la grande voisine Belle-Ile. 120 habitants vivent là à l'année, dans les coquettes maisons blanches d'un heureux village de poche sans voitures. C'est là que bat le coeur de l'île. C'est d'ici que l'on part à l'abordage d'une côte rude telles celle à la pointe du Vieux-Château ou plus douce à l'abord de plages adossées à des dunes indolentes. Un conseil ? Sur une journée, c'est largement faisable, mais ne vous échinez pas à arpenter tous les contours de l'île comme un insatiable marathonien, au risque de tout voir mais de ne rien apprécier. Sur un week-end ou plus, vous aurez tout le loisir d'explorer l'île dans ses moindres recoins, de flirter avec ses soirées apaisantes à la terrasse d'un café, et de vous arrêter à l'exposition du fort pour appréhender les richesses du patrimoine local, ses sites néolithiques, sa flore, sa faune.

Sein, la plus extrême

La traversée est un voyage en soi, surtout au passage des mythiques pointe du Raz et phare de la Vieille. Et puis, surprise, après les falaises abruptes du continent, Sein se dessine à l'horizon comme une fine galette posée sur l'océan. Altitude moyenne : 1,50 mètre ! Autant dire que les digues qui protègent le port et le village ont leur utilité contre les coups de tabac de l'hiver... En débarquant, ne cherchez pas de loueurs de vélos, superflus pour arpenter les 56 hectares de la plus étonnante des îles bretonnes. Les Sénans racontent que, parfois, des touristes empressés sont prêts à repartir au bout d'une heure. Ceux-là ont oublié de ralentir leurs palpitations citadines. Prenez le temps... de flâner dans les venelles du bourg, à la largeur calculée pour qu'on puisse y rouler un tonneau, de filer enjamber les murets de pierres sèches de Kelaourou, de pénétrer dans le phare de Goulenez et de découvrir la chapelle Saint-Corentin... Sans oublier de visiter le musée du Sauvetage-en-mer et celui de l'île pour tout connaître de l'"épisode" de juin 1940, qui fit se demander à de Gaulle si Sein n'était pas le quart de la France. Surtout, le soir, avant d'admirer le ballet des phares éclairer la nuit, rendez-vous sur le quai des Français-Libres, véritable place de village, au bout duquel, l'été, se joue une rituelle partie de pétanque, comme dans le Sud, au bord d'une autre mer.

Batz, la plus authentique

Batz pourrait être la vraie jumelle de Bréhat, "mouillée" plus à l'est, dans les Côtes-d'Armor. Même taille (3,5 kilomètres de longueur), même (très courte) distance du continent... Mais les similitudes s'arrêtent à la descente de la vedette ! La très smart costarmoricaine se contente de charmer son monde, alors que l'île de Batz continue de cultiver sa terre et de voir partir ses hommes en mer sur une douzaine de chalutiers, caseyeurs et fileyeurs. Des quais du Vil, où accostent les bateaux de pêche aux champs de patates, de fenouil et de carottes qui voient s'affairer des familles entières, flottent ici des parfums d'authenticité. Qui se dégagent aussi de la célèbre chapelle Sainte-Anne, à demi-engloutie dans les sables, ou de l'étonnant jardin Georges-Delaselle aux essences exotiques, et c'est pour cette sincérité que les fidèles reviennent gratter ce caillou finistérien. Pour ses plages lumineuses et tranquilles aussi, dont la Grève blanche et Sainte-Anne, ses dunes habitées par quelques chevaux massifs et patibulaires, sa côte découpée, ses décors en mouvement au rythme des marées, son ébouriffante pointe Ouest dominée par la svelte silhouette du phare... Et d'ailleurs, pourquoi ne pas grimper là-haut, à 44 mètres du sol, pour mettre à vos pieds cette jolie terre de caractère ?

Par Pierrick Jégu

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