Submergée par l'afflux de touristes, Venise manifeste pour alerter sur l'exode de ses habitants

12/11/16 à 16:35 - Mise à jour à 16:34

Source: Afp

Plusieurs centaines de Vénitiens ont manifesté samedi, valise à la main, pour alerter sur l'exode des habitants de la Sérénissime qui ont de plus en plus de mal à se loger et dont le quotidien est compliqué par l'afflux de millions de touristes.

Submergée par l'afflux de touristes, Venise manifeste pour alerter sur l'exode de ses habitants

Un paquebot de croisière sur la lagune à Venise © Reuters

Quelque 300 manifestants, de tous âges, ont participé à ce rassemblement baptisé "Venexodus", organisé dans le centre historique de la Cité des Doges.

"Sans les Vénitiens, ne m'appelle plus Venise", "Venise adieu", "Moi je ne pars pas, j'occupe et je résiste", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les habitants ou les messages collés sur leurs valises, selon une journaliste de l'AFP.

Devant la mairie, un homme habillé en "Doge", le dirigeant historique de la République de Venise, est monté à bord d'une gondole pour symboliser l'exode des habitants. "Venise perd 1.000 habitants chaque année. Elle en compte désormais moins de 55.000, contre 100.000 il y a quarante ans, le danger est très important", a expliqué à l'AFP Matteo Secchi, le président de l'association venessia.com, organisatrice de la manifestation. "Nous sommes en train de devenir Pompéi, une ville que les gens viennent visiter, dont ils disent qu'elle est magnifique mais où personne ne vit", a-t-il ajouté. "Les Vénitiens ne sont pas contre les touristes. Il est juste que les touristes puissent visiter Venise mais il est aussi juste que ses habitants puissent y vivre. Le défi est de réussir à concilier ces deux mondes différents", a-t-il ajouté.

Les manifestants ont notamment réclamé une véritable politique pour aider la population locale à se loger, les prix ayant explosé avec le tourisme et les bailleurs privés privilégiant les locations de courte durée. Selon eux, 2.000 habitations du parc public sont vides. "De nombreux amis ont dû quitter la ville, pas seulement en raison de problèmes de logement mais aussi du travail qui repose uniquement sur le tourisme", a dénoncé Marco Vidal, un Vénitien de 35 ans. "Si tu as une formation différente, tu es contraint de partir. La commune a abandonné depuis des années l'idée de repeupler Venise, de créer des emplois (autres que ceux du tourisme) et de donner à Venise un avenir de ville, plutôt que de parc de divertissement", a-t-il souligné.

Une délégation de manifestants a été reçue par la municipalité et s'est dite satisfaite de cette rencontre.

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