Le resto de la semaine: Crab Club, tsunami de sensations iodées

coup de coeur
© MICHEL VERLINDEN
coup de coeur

Restaurant - Crab Club

- 7, chaussée de Waterloo, à 1060 Bruxelles

Genre - Poisson comme jamais

Atmosphère - Sans concession

Addition - Plats entre 29 et 38 euros

Sur le web - crabclub.be/fr

Michel Verlinden
Michel Verlinden Journaliste

C’est probablement la meilleure nouvelle de la rentrée pour les amateurs de sensations iodées: Crab Club vient de rouvrir ses portes.

Portée sur les fonts baptismaux par une figure aussi géniale que ténébreuse de la restauration bruxelloise, l’exilé Philippe Emanuelli, cette enseigne a révolutionné notre perception des poissons et des fruits de mer. Exit la raie au beurre du milieu et autres moules marinières à papa, cette table brutale fait place à de houleuses harmonies. Dans l’assiette, ça tangue. Et ce n’est pas moins vrai depuis que – cela fait un moment désormais – Yoth Ondara et Van Nguyen ont repris le gouvernail. Fort de racines asiatiques éparses – Chine, Thaïlande, Viêt Nam… –, le duo pimente, exhausse, emmène dans les profondeurs de l’umami.

Question: la nouvelle configuration et le décor flambant neuf tant attendus n’allaient-ils pas accoucher d’une souris gastronomique? Nullement. Libérée, la salle fait valoir des perspectives franches permettant de voir l’impeccable scénographie en cuisine. Quelques détails bien sentis génèrent des effets marins bienvenus, qu’il s’agisse d’une imposante sérigraphie d’Elzo Durt représentant un poulpe ou de grandes répliques de crabes partant à l’assaut des murs.

© MICHEL VERLINDEN

Le Crab Club nouveau peut se découvrir de deux façons. L’une à la fraîche, en enchaînant au comptoir verres et petites assiettes iconoclastes façon burrata/fraise/mojama (une salaison de thon typique de la Murcie), couteaux/blettes/ail ou encore, notre préférée, seiche/haricots de Paimpol/tomate.

Envie de ralentir le rythme? On se pose alors dans le fond de la salle et on mise sur une triplette entrées (les petites portions évoquées), plats et dessert – ne surtout pas rater la redoutable ganache au sésame. Pour ce qui est des pièces principales – thon gras avec salsa taboulé et aubergine ou irrésistible cochon gras au poulpe laqué –, on est sur du velours.

Sans oublier un sommelier éclairé façon «la carte, c’est moi», passé par le Château du Mylord, qui multiple les conseils précieux, comme ce chenin de macération, Zeste (45 euros), du domaine des Sablonnettes, une belle découverte aux notes d’agrumes.

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