On dit d'eux qu'ils formèrent le couple le plus extraordinaire du surréalisme. Dorothea Tanning et Max Ernst se rencontrèrent à New York en 1942 (photo). Dans ses mémoires, celle qui fut la muse du peintre et sculpteur d'origine allemande raconte le coup de foudre de cette façon : " C'était la période de Noël, et Max fut mon cadeau de Noël. Il neigeait dur lorsqu'il sonna à la porte. Il venait choisir des tableaux pour une exposition (...) " Please come in ", je souris, essayant de dire la formule comme à n'importe qui d'autre. Il hésita, restant le pied posé sur le seuil (...) Nous entrâmes dans l'atelier, sur le chevalet était le portrait, inachevé. " Comment allez-vous l'appeler ? ", me demanda-t-il. " Je n'ai pas de titre ". " Alors, vous l'appellerez Birthday " ". Difficile d'avoir une intuition plus exacte, la rencontre en question allait donner naissance à un amour fou de trente-quatre ans. L'histoire de l'art compte de nombreux duos magnétiques comme celui-là : Pablo Picasso et Dora Maar, les Delaunay, Breton et Nadja, Man Ray et Lee Miller, les Eames... C'est donc avec pas mal d'à-propos que le Centre Pompidou-Metz va consacrer un accrochage thématique aux tandems artistiques. De la fin du xixe à la première moitié du xxe siècle, Couples modernes interrogera la création à quatre mains à travers les arts visuels, l'architecture, le design, le cinéma ou encore la littérature.

Couples modernes, Centre Pompidou-Metz, à 57020 Metz. www.centrepompidou-metz.fr Du 28 avril au 20 août prochains.