Parce qu'il lui a confié par le passé la conception de son Armani/Teatro et parce qu'il est intimement persuadé que, juste en face sur cette même Via Bergognone, son lieu d'exposition d'habitude consacré à la photographie, son Armani/Silos, " avec son atmosphère austère, suggestive ", est " l'endroit idéal pour exprimer la poésie et la puissance de son oeuvre ", Giorgio Armani a ouvert ses portes à Tadao Ando (1941, Osaka). Et l'architecte nippon d'être ravi de relever le défi. C'est le titre d'ailleurs, mais en anglais, de cette rétrospective inscrite dans le cadre du Salon international du meuble, à Milan, et articulée autour de quatre grands thèmes, " Forme primitive de l'espace ", " Défi de l'urbain ", " Genèse du paysage " et " Dialogue avec l'histoire " en une version revisitée du parcours narratif que le Centre Pompidou, à Paris, avait consacré, en 2018, au concepteur. Une invitation comme un Challenge à se fondre dans le temps vivant de son architecture - celui qu'il a mis à se former en autodidacte fasciné qui apprit les règles d'or non pas à l'école mais dans la rue, la vie, les livres, les temples ; celui qu'il prend à dessiner ses projets à la main, à la mine de plomb ; celui de son lien indéfectible et immensément japonais à la nature, de son rapport au vide, à la matière, au béton, à la lumière, aux territoires dont il s'empare en avouant son rêve pas même secret de " créer une architecture qui vivra éternellement - pas sur le fond ni sur la forme mais comme un souvenir gravé dans le coeur des hommes ".

© CHURCH OF THE LIGHT, IBARAKI, 1989 / PHOTO : MITSUO MATSUOKA

The Challenge - Tadao Ando, Armani/Silos, 40, Via Bergognone, à Milan. Jusqu'au 28 juillet prochain.