Dries Van Noten chahute la perfection, sous les ors de l'Hôtel de Ville de Paris (en images)

27/02/14 à 10:46 - Mise à jour à 10:46

Il n'y a rien de tel que le grand salon d'apparat de l'Hôtel de ville de Paris, ses lambris, ses miroirs, ses plafonds avec fresques pour servir de décor au défilé de Dries Van Noten.

C'est l'un de ses endroits favoris, on ne s'en lasse pas - chaque détail de l'endroit semble faire écho à sa garde-robe toujours stylisée. On y voit des fleurs, des lys et des coquelicots, un motif optique qui tranche sans vergogne (inspiration rave), des sequins, de l'argenté, des rayures qui jouent les courbes, des jaunes mariés au bleu canard, des rouilles au marine et un peu de fluo pour faire vibrer le tout. Le créateur belge n'aime rien tant que chahuter la perfection. Quand c'est "trop beau", il fait déraper subtilement l'ensemble, il ne peut pas s'en empêcher, il l'avoue en souriant, c'est comme ça.

Depuis plus de 25 ans, il est basé à Anvers, au bord de l'eau, mais vivant à Lier, au bord des fleurs, dans un château de contes de fées, travaille sans discontinu à écrire son histoire, par le biais d'un vestiaire reconnaissable entre tous. Ce qui est la marque de ceux qui ont quelque chose à voir avec le plat pays. Lui s'est fait une spécialité des tissus qui marient l'impossible, développés avec sa fidèle équipe, chez Dries Van Noten, pas de turnover accéléré, on y entre comme au couvent, l'homme fut éduqué par les jésuites, cela laisse des traces.

Sur une bande-son où il est question d'épiphanie, ses mannequins marchent religieusement, on entend leurs talons frapper le parquet, elles déroulent les volumes amples et les volants qui animent Dries Van Noten depuis quelque temps, avec mélanges de matières, contrastes visuels, manteaux masculins, jupes mi-mollets, verts scintillants et broche collier fleur qui s'enroule autour du cou, orne fièrement la poitrine.

Cette collection automne-hiver 14-15, il l'a conçue en menant de front le montage de son exposition aux Arts Décoratifs titrée Inspirations, un peu plus de travail, ça ne lui fait pas peur, au contraire. De ce voyage intérieur, Dries Van Noten a fait naître des silhouettes vibrantes, riches, différentes, quelle maîtrise. Anne-Françoise Moyson

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