Il en est revenu fourbu, totalement lessivé. Mais il ne pense déjà plus qu'à repartir. Fin novembre dernier, Denis Van Weynbergh bouclait sa première Route du Rhum, la mère de toutes les transatlantiques, après vingt-quatre jours de galère en solitaire. " C'était vraiment dur. Je n'ai pas essuyé de grosse tempête, mais les conditions météo étaient très difficiles. Le pire, ce sont les zones de calme, sans vent, qui vous obligent à rester collé à la barre. Jusqu'à 40 heures d'affilée. Je n'ai pas trouvé les longs surfs sous spi, les belles glisses interminables... Il y a des moments que je n'aurais pas souhaités à mon pire ennemi. " Mais, balaie-t-il d'un sourire, c'est " comme le lendemain d'une cuite : à 11 heures vous jurez de ne plus jamais boire d'alc...

Il en est revenu fourbu, totalement lessivé. Mais il ne pense déjà plus qu'à repartir. Fin novembre dernier, Denis Van Weynbergh bouclait sa première Route du Rhum, la mère de toutes les transatlantiques, après vingt-quatre jours de galère en solitaire. " C'était vraiment dur. Je n'ai pas essuyé de grosse tempête, mais les conditions météo étaient très difficiles. Le pire, ce sont les zones de calme, sans vent, qui vous obligent à rester collé à la barre. Jusqu'à 40 heures d'affilée. Je n'ai pas trouvé les longs surfs sous spi, les belles glisses interminables... Il y a des moments que je n'aurais pas souhaités à mon pire ennemi. " Mais, balaie-t-il d'un sourire, c'est " comme le lendemain d'une cuite : à 11 heures vous jurez de ne plus jamais boire d'alcool et à 19 heures vous reprenez l'apéro ". Il en rêvait depuis toujours, ce grand marin bronzé, " tombé dans la voile comme Obélix dans la potion magique "... Emprunter la plus mythique des courses en solitaire, qui rallie tous les quatre ans Saint-Malo à Pointe-à-Pitre. Dans le sillage des plus grands navigateurs : Alain Colas qui y a laissé la vie, Éric Tabarly qui ne l'a jamais achevée et toutes les stars de la discipline, celles qu'il a côtoyées sans les voir pendant la course, tant l'océan est infini. Seul skipper belge inscrit (en fait, il y en avait un second mais qui a toujours vécu en France) parmi 87 concurrents, à la barre d'un splendide monocoque de 12 mètres flanqué d'une immense voile orange aux couleurs du sponsor wallon Green Energy 4 Seasons, Denis Van Weynbergh a tenu le pari qu'il s'est fait quatre ans plus tôt. Lorsqu'il aidait son copain Lionel Regnier à préparer son bateau pour la précédente édition. Ce jour-là, il s'est juré de ne pas laisser partir la suivante sans lui. Outre de nombreuses régates, ce sportif accompli avait déjà inscrit une mini-transat en solitaire à son palmarès. " Le déclencheur. La révélation de la course au large. Avec cette dimension supplémentaire qu'apporte la course en solitaire : être seul, tout gérer seul, ça m'a plu. "Tout gérer seul, cela sonne aussi comme un leitmotiv chez ce diplômé en sciences politiques devenu indépendant et patron d'une PME... de courrier express. Sa licence spéciale en coopération au développement le conduit à s'investir dans l'humanitaire, pour MSF. Au Rwanda après le génocide, puis en pleine guerre civile au Burundi et en Tchétchénie. " Des expériences fortes. On a fait du super boulot dans des conditions extrêmes. J'étais ultramotivé, mais j'ai arrêté le jour où je me suis rendu compte qu'il m'était plus facile de partir en mission que de rester en Belgique. " Nouveau défi : décrocher un diplôme en journalisme. Il s'y adonne accessoirement, dans le domaine sportif. Voilà son moteur. Hockeyeur de D1, il est toujours entraîneur. Et pratique le tennis, le ski de randonnée... " Je suis un homme de passions. " Celle qu'il éprouve pour son prochain ne l'a jamais quitté. Denis Van Weynbergh investit aussi son temps au service d'une association qui lutte contre le diabète. Force Douce, fondée par l'infirmier spécialisé en diabétologie Philippe Pirard, permet à de jeunes diabétiques de pratiquer la voile sportive. " La recherche constante d'équilibre fait travailler les muscles, dépenser des calories et aide à réguler le taux d'insuline ", explique le marin devenu administrateur de l'ASBL. Qu'il a associée, dès le départ, à son nouveau projet. " Sa " Route du Rhum ne sera pas " un plaisir égoïste " : elle se doublera, en mars prochain, d'un retour offert sur son voilier à six jeunes diabétiques mordus de voile. Une deuxième Route du Rhum, à l'envers. Dans des conditions pas forcément plus faciles que la première. PHILIPPE BERKENBAUMC'est comme le lendemain d'une cuite: à 11 heures vous jurez de ne plus jamais boire d'alcool et à 19 heures vous reprenez l'apéro.