Athflow

Une année passée à télétravailler laisse des traces, et la planète mode n'y échappe pas. Ce mot sera donc sur toutes les lèvres en 2021 : "athflow", contraction d'athleisure et flow, soit ce style vestimentaire combinant du sportswear et des tenues plus chics. La recherche de hauts soyeux, de pantalons fluides et de survêtements confortables (mais tendance) a été repérée par Pinterest dans les données de 400 millions d'utilisateurs. La plate-forme décrit cette façon de s'habiller comme étant "assez pro pour le bureau, assez Stretch pour le tapis de yoga, et assez confortable pour le canapé". Un mix de luxe et de facilité, d'oversized et d'élégance. Puisque la frontière entre le travail et la maison tend de plus en plus à disparaître, l'athflow offre désormais une alternative à notre vestiaire du futur. JD

Slugging

Importée de Corée, cette nouvelle tendance en soin de la peau commence à se répandre chez nous. Dans sa version la plus extrême, le slugging - qui vient du mot slug signifiant limace - consiste à s'enduire le visage de vaseline la nuit pour combattre le dessèchement saisonnier de l'épiderme. Souvent enrichi en vitamines A et E, le produit est connu pour réparer les gerçures et permet d'empêcher l'eau de s'échapper en créant une barrière lipidique. Il amplifie aussi les bénéfices d'un sérum appliqué au préalable. A éviter toutefois sur les peaux à tendance acnéique. Car son effet occlusif peut boucher les pores et laisser les résidus de maquillage. Pour ceux et celles qui n'aiment pas cette texture, il existe des masques de nuit à laisser poser de la même manière. IW

Vaxxie

Contraction de "vaccin" et "selfie", le vaxxie met en scène, de manière plus ou moins théâtralisée, une personne, de préférence connue, en train de recevoir sa première dose du précieux sésame vers la liberté. A ce stade-ci du processus, ce sont surtout les politiques qui ont dévoilé leurs biceps - et parfois même plus... - dans l'espoir de convaincre un maximum de leurs concitoyens. On peut s'attendre à voir très vite bon nombre de célébrités leur emboîter le pas comme l'avait fait Elvis Presley en 1956 lors de la campagne de vaccination contre la polio. Reste à voir si, chez nous, Alexander De Croo tombant la chemise blanche face caméra, comme l'a fait, en France, Olivier Véran, susciterait le même emballement - torride ou sarcastique, c'est selon - des réseaux sociaux. IW

Normal

Le géant des cosmétiques Unilever - qui vend notamment les marques Dove et Axe à près d'un milliard d'individus sur la terre - a décidé de bannir le mot "normal" pour décrire un type de peau ou de cheveu sur les emballages de ses produits. Le groupe britannique, conscient que l'utilisation de ce terme pouvait stigmatiser toute une partie de la population, s'engage également à ne plus modifier la taille et la forme du corps ainsi que la couleur de la peau sur ses photos de campagnes. Et à représenter davantage les minorités dans ses publicités. Nulle mention en revanche de l'adjectif qui sera utilisé en remplacement. L'an dernier, Unilever, tout comme L'Oréal, avait déjà éliminé les mots "clair" et "blanc" de sa communication. IW

Grandmillennial

A la fois enfant et aïeul du concept "cottagecore" (tendance déco idéalisant une idée désuète de la campagne anglaise) et du maximalisme, sorti de son positionnement has-been en confinement, le style grandmillennial signe, comme son nom l'indique, un retour à une esthétique que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître : celle de nos grands-parents. Par ici les rideaux volantés, les imprimés à profusion de fleurs kitsch, la porcelaine façon Delft et le velours frangé en abat-jour : plus c'est joliment ringard, plus c'est réconfortant et donc mieux c'est, forcément.

Brhum

Non, il ne s'agit pas là du bruit d'une quinte de toux sanitairement étouffée au creux du coude mais bien du délicieux breuvage imaginé par la distillerie gantoise Dada Chapel : du rhum de betterave. Ou comment pallier l'absence de cannes à sucre en mettant à profit leur équivalent belge avec, à la clé, un alcool surprenant, dont la couleur transparente masque de délicates notes de cacao. A votre santé ! KAW

null, Dada Chapel
null © Dada Chapel

Scien-fluenceurs

Qu'il est loin le temps où l'on pouvait se contenter d'un joli minois bien filtré pour engranger les "likes". En cette période incertaine, le superficiel est (relativement) "out" et il n'y a pas plus "in" que les scien-fluenceurs qui, comme leur nom l'indique, joignent l'expertise à la parole. Et permettent de décoder l'actualité de manière futée à un public toujours plus nombreux à les suivre : sur Instagram, les images de paysages lunaires de l'astrophysicien Neil deGrasse Tyson rassemblent plus de 1,5 million d'abonnés, contre près de 3 millions d'abonnés YouTube pour les vidéos de vulgarisation scientifique du Breton Dr Nozman et 2 millions pour les capsules éducatives du Franco-Belge Doc Seven. #impressionnant. KAW

Rainbow washing

Vous pouvez presque régler votre montre chaque année : en juin, de nombreuses entreprises internationales changent leur logo aux couleurs de l'arc-en-ciel. A première vue, cela peut sembler être un excellent moyen de montrer leur soutien à la communauté LGBTQ+, mais c'est souvent un parfait exemple de rainbow washing. Soit la manière dont les firmes, les gouvernements et d'autres organisations essaient de se faire connaître en étant progressistes, mais font peu en coulisses pour résoudre efficacement les problèmes contre lesquels les homosexuels luttent encore aujourd'hui.

Métavers

On savait l'univers infini et en expansion constante, on repousse désormais les limites du métavers (ou "metaverse" en V.O.), un monde virtuel fictif pensé comme l'extension de celui qu'on habite. Soit la terre promise des GAFA, les entreprises stars de la Silicon Valley, Facebook en tête puisque le réseau social tout-puissant a même changé son nom en Meta.

., Getty Images
. © Getty Images

Bopo

Après le bobo (bourgeois bohème) ou le boubour (bourgeois bourrin), place à la bopo, contraction imaginée avec espièglerie par le bureau de tendances Leherpeur pour décrire ces néo-Parisiennes dont le style enflamme la Toile. De Jeanne Damas, fondatrice de Rouje, à Caroline de Maigret, elles ont ce je-ne-sais-quoi associé dans l'imaginaire collectif aux Françaises, la popularité en prime. D'où leur nom, qui désigne les bourgeoises populaires dont le chic, loin d'intimider, est des plus inspirants. Ballerines rouges, chemise blanche et accessoire en osier : on se la joue bopo cet été ! KAW

Carbecue

A l'heure où les restaurants sont susceptibles de fermer ou rouvrir à tout moment, on assiste au retour d'une pratique née dans les années 50. On doit le "carbecue" aux routiers US qui, lors de longs trajets, utilisaient la chaleur du moteur de leur camion pour se faire cuire un steak. Dans les clubs automobiles, l'idée fait aujourd'hui tache d'huile. Du papier aluminium suffit à faire un festin. "Pour avoir votre filet de porc doux et juteux, vous pouvez compter 300 km. Pour réchauffer une quiche, 50 km suffisent souvent déjà", peut-on lire sur le site du magazine Navigato. Sans oublier de préciser : "Les possibilités sont infinies et dépassent les choix dans les restaurants routiers, aussi bien en qualité qu'en diversité." Et la sécurité ? La plate-forme souligne qu'il faut faire attention à ne pas entraver le fonctionnement du moteur. Tenté ? A vous de voir, nous déclinons toute responsabilité... MV

Bar à café

En juillet, l'ouverture d'un énième bar à café de spécialité à Schaerbeek, le Café Winok, fait déborder la tasse. Nul ne peut désormais ignorer le phénomène. Mok, Or, Wide Awake, Kaffabar... Bruxelles ne compte plus ces adresses proposant une alternative au café industriel désormais perçu comme un produit médiocre contribuant au désordre du monde. Interpellé par cette cause, le patron du Café Winok s'est initié à l'art d'exprimer les arômes: toutes les variétés vendues sur place sont torréfiées par lui et achetées auprès de This Side Up, une petite structure néerlandaise misant sur la juste rétribution de ses fournisseurs.

Cheugy

On est tous le ringard de quelqu'un. Après les boomers et autres Karen moqués sur les réseaux sociaux par la génération Y, c'est au tour des Millennials de recevoir la monnaie de leur pièce. Tout ce qu'ils ont adoré, à savoir les raies sur le côté, les skinny jeans, les slogans pseudoféministes sur les tee-shirts, les musées du selfie et même les émojis qui rient aux larmes, est désormais qualifié de "cheugy" - à prononcer chew-ghee - par les Zoomers qui font et défont les tendances sur TikTok. La liste des stylish faux pas s'allonge d'ailleurs tous les jours. Et le mot cheugy lui-même serait déjà... cheugy. IW

Philophiles

Soit, non pas une branche méconnue de la philosophie, mais plutôt le culte que les membres les plus exigeants du monde de la mode vouent à Phoebe Philo, la styliste britannique à qui l'on doit les silhouettes impeccables de Céline entre 2008 et 2018. Pointu, vous dites? Peut-être, mais pour faire semblant d'en être, rien de tel que de rejoindre les rangs de celles et ceux qui attendent le lancement de sa griffe éponyme, prévue pour début 2022 et déjà partiellement dans le giron de LVMH. Kaw

Zillennial

La génération crossover entre les Millennials et la Gen Z s'est finalement trouvé un nom: les Zillennials. Nés entre 1993 et 1998, ils peuvent s'identifier aux deux générations... ou pas. Enfants, ils regardaient les films Disney sur des DVD loués à la vidéothèque et étaient scotchés à leur lecteur MP3. Pour autant, impossible pour eux d'échanger avec les Millennials à propos de Sex and the City ou de l'Internet bas débit. Ses membres ont grandi dans les années 2000 et ont une vague expérience du 11 septembre 2001. Leur premier téléphone portable était à clapet (la Gen Z était, elle, biberonnée un iPad à la main), ils savent que les influenceurs s'appelaient autrefois blogueurs et peuvent encore se souvenir de l'époque où Rihanna avait les cheveux roux. Mais ils ne se sentent pas chez eux sur Facebook. Ni Tiktok. Pourvu que cette reconnaissance rende la crise identitaire un peu plus supportable. Kh

Unboxing

Hier encore synonyme de vidéos candides où des (apprenties) influenceuses exhibent joyeusement le résultat de leur dernière expédition shopping face caméra, l'unboxing (déballage, en français dans le texte)s'offre une nouvelle identité autrement plus fastueuse cet hiver grâce à des boîtes mystère remplies de produits de luxe surprise. Le concept, dont l'entreprise britannique Heat est un des fers de lance? Payer un prix fixe (environ 500 euros) pour un colis dont la valeur supérieure est garantie par la présence de vêtements et accessoires signés Off White, JW Anderson ou encore Balenciaga. Et acheter du luxe à l'aveuglette semble être plutôt bien vu par les consommateurs puisque son fondateur a affirmé au Financial Times avoir vendu 16 000 de ses mystery boxes en un an seulement. Surprise!

Sour Ale

Le goût de l'époque peut s'apparenter à une boule de flipper dont les micro-brasseurs anticipent les rebonds. Afin de battre en brèche l'appétence pour le sucre de l'industrie agro-alimentaire, qui s'est rendu compte qu'en rajoutant ce produit dans nos aliments, elle réveillait un instinct irrépressible, les artisans du houblon ont déplacé le curseur des saveurs vers l'amertume. Jusqu'aux limites du genre, à force d'IPA, les palais se sont mis à saturer. Du coup, l'heure est à l'acidité avec une vague de sour ale, bières marquées par des notes acidulées, qui a culminé en septembre avec l'arrivée de la Tournulus, un breuvage signé par la nanobrasserie bruxelloise de l'Ermitage.

MICHEL VERLINDEN
© MICHEL VERLINDEN

Offline Boyfriend

L'époque des power couples d'Instagram, c'est fini! Désormais, sur TikTok et Twitter, c'est l'offline boyfriend qui s'érige comme le partenaire amoureux idéal. Soit un petit copain pas ou peu présent sur les réseaux sociaux. Pourquoi? Parce qu'il tient à sa vie privée. Parce qu'on peut espérer qu'il dépense son temps de manière plus productive. Et aussi parce que le mystère sied bien aux hommes.

Dopamine dressing

Quand le corps produit beaucoup de dopamine, cela crée des sentiments positifs, ce qui nous motive à reproduire certains comportements. Comme porter des vêtements dans lesquels on se sent bien, ce qui n'est pas toujours lié à la couleur d'ailleurs... Ce vestiaire "dopant" est lié à des associations personnelles plutôt qu'universelles.

Une année passée à télétravailler laisse des traces, et la planète mode n'y échappe pas. Ce mot sera donc sur toutes les lèvres en 2021 : "athflow", contraction d'athleisure et flow, soit ce style vestimentaire combinant du sportswear et des tenues plus chics. La recherche de hauts soyeux, de pantalons fluides et de survêtements confortables (mais tendance) a été repérée par Pinterest dans les données de 400 millions d'utilisateurs. La plate-forme décrit cette façon de s'habiller comme étant "assez pro pour le bureau, assez Stretch pour le tapis de yoga, et assez confortable pour le canapé". Un mix de luxe et de facilité, d'oversized et d'élégance. Puisque la frontière entre le travail et la maison tend de plus en plus à disparaître, l'athflow offre désormais une alternative à notre vestiaire du futur. JDImportée de Corée, cette nouvelle tendance en soin de la peau commence à se répandre chez nous. Dans sa version la plus extrême, le slugging - qui vient du mot slug signifiant limace - consiste à s'enduire le visage de vaseline la nuit pour combattre le dessèchement saisonnier de l'épiderme. Souvent enrichi en vitamines A et E, le produit est connu pour réparer les gerçures et permet d'empêcher l'eau de s'échapper en créant une barrière lipidique. Il amplifie aussi les bénéfices d'un sérum appliqué au préalable. A éviter toutefois sur les peaux à tendance acnéique. Car son effet occlusif peut boucher les pores et laisser les résidus de maquillage. Pour ceux et celles qui n'aiment pas cette texture, il existe des masques de nuit à laisser poser de la même manière. IWContraction de "vaccin" et "selfie", le vaxxie met en scène, de manière plus ou moins théâtralisée, une personne, de préférence connue, en train de recevoir sa première dose du précieux sésame vers la liberté. A ce stade-ci du processus, ce sont surtout les politiques qui ont dévoilé leurs biceps - et parfois même plus... - dans l'espoir de convaincre un maximum de leurs concitoyens. On peut s'attendre à voir très vite bon nombre de célébrités leur emboîter le pas comme l'avait fait Elvis Presley en 1956 lors de la campagne de vaccination contre la polio. Reste à voir si, chez nous, Alexander De Croo tombant la chemise blanche face caméra, comme l'a fait, en France, Olivier Véran, susciterait le même emballement - torride ou sarcastique, c'est selon - des réseaux sociaux. IWLe géant des cosmétiques Unilever - qui vend notamment les marques Dove et Axe à près d'un milliard d'individus sur la terre - a décidé de bannir le mot "normal" pour décrire un type de peau ou de cheveu sur les emballages de ses produits. Le groupe britannique, conscient que l'utilisation de ce terme pouvait stigmatiser toute une partie de la population, s'engage également à ne plus modifier la taille et la forme du corps ainsi que la couleur de la peau sur ses photos de campagnes. Et à représenter davantage les minorités dans ses publicités. Nulle mention en revanche de l'adjectif qui sera utilisé en remplacement. L'an dernier, Unilever, tout comme L'Oréal, avait déjà éliminé les mots "clair" et "blanc" de sa communication. IWA la fois enfant et aïeul du concept "cottagecore" (tendance déco idéalisant une idée désuète de la campagne anglaise) et du maximalisme, sorti de son positionnement has-been en confinement, le style grandmillennial signe, comme son nom l'indique, un retour à une esthétique que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître : celle de nos grands-parents. Par ici les rideaux volantés, les imprimés à profusion de fleurs kitsch, la porcelaine façon Delft et le velours frangé en abat-jour : plus c'est joliment ringard, plus c'est réconfortant et donc mieux c'est, forcément.Non, il ne s'agit pas là du bruit d'une quinte de toux sanitairement étouffée au creux du coude mais bien du délicieux breuvage imaginé par la distillerie gantoise Dada Chapel : du rhum de betterave. Ou comment pallier l'absence de cannes à sucre en mettant à profit leur équivalent belge avec, à la clé, un alcool surprenant, dont la couleur transparente masque de délicates notes de cacao. A votre santé ! KAWQu'il est loin le temps où l'on pouvait se contenter d'un joli minois bien filtré pour engranger les "likes". En cette période incertaine, le superficiel est (relativement) "out" et il n'y a pas plus "in" que les scien-fluenceurs qui, comme leur nom l'indique, joignent l'expertise à la parole. Et permettent de décoder l'actualité de manière futée à un public toujours plus nombreux à les suivre : sur Instagram, les images de paysages lunaires de l'astrophysicien Neil deGrasse Tyson rassemblent plus de 1,5 million d'abonnés, contre près de 3 millions d'abonnés YouTube pour les vidéos de vulgarisation scientifique du Breton Dr Nozman et 2 millions pour les capsules éducatives du Franco-Belge Doc Seven. #impressionnant. KAWVous pouvez presque régler votre montre chaque année : en juin, de nombreuses entreprises internationales changent leur logo aux couleurs de l'arc-en-ciel. A première vue, cela peut sembler être un excellent moyen de montrer leur soutien à la communauté LGBTQ+, mais c'est souvent un parfait exemple de rainbow washing. Soit la manière dont les firmes, les gouvernements et d'autres organisations essaient de se faire connaître en étant progressistes, mais font peu en coulisses pour résoudre efficacement les problèmes contre lesquels les homosexuels luttent encore aujourd'hui.On savait l'univers infini et en expansion constante, on repousse désormais les limites du métavers (ou "metaverse" en V.O.), un monde virtuel fictif pensé comme l'extension de celui qu'on habite. Soit la terre promise des GAFA, les entreprises stars de la Silicon Valley, Facebook en tête puisque le réseau social tout-puissant a même changé son nom en Meta. Après le bobo (bourgeois bohème) ou le boubour (bourgeois bourrin), place à la bopo, contraction imaginée avec espièglerie par le bureau de tendances Leherpeur pour décrire ces néo-Parisiennes dont le style enflamme la Toile. De Jeanne Damas, fondatrice de Rouje, à Caroline de Maigret, elles ont ce je-ne-sais-quoi associé dans l'imaginaire collectif aux Françaises, la popularité en prime. D'où leur nom, qui désigne les bourgeoises populaires dont le chic, loin d'intimider, est des plus inspirants. Ballerines rouges, chemise blanche et accessoire en osier : on se la joue bopo cet été ! KAWA l'heure où les restaurants sont susceptibles de fermer ou rouvrir à tout moment, on assiste au retour d'une pratique née dans les années 50. On doit le "carbecue" aux routiers US qui, lors de longs trajets, utilisaient la chaleur du moteur de leur camion pour se faire cuire un steak. Dans les clubs automobiles, l'idée fait aujourd'hui tache d'huile. Du papier aluminium suffit à faire un festin. "Pour avoir votre filet de porc doux et juteux, vous pouvez compter 300 km. Pour réchauffer une quiche, 50 km suffisent souvent déjà", peut-on lire sur le site du magazine Navigato. Sans oublier de préciser : "Les possibilités sont infinies et dépassent les choix dans les restaurants routiers, aussi bien en qualité qu'en diversité." Et la sécurité ? La plate-forme souligne qu'il faut faire attention à ne pas entraver le fonctionnement du moteur. Tenté ? A vous de voir, nous déclinons toute responsabilité... MVEn juillet, l'ouverture d'un énième bar à café de spécialité à Schaerbeek, le Café Winok, fait déborder la tasse. Nul ne peut désormais ignorer le phénomène. Mok, Or, Wide Awake, Kaffabar... Bruxelles ne compte plus ces adresses proposant une alternative au café industriel désormais perçu comme un produit médiocre contribuant au désordre du monde. Interpellé par cette cause, le patron du Café Winok s'est initié à l'art d'exprimer les arômes: toutes les variétés vendues sur place sont torréfiées par lui et achetées auprès de This Side Up, une petite structure néerlandaise misant sur la juste rétribution de ses fournisseurs. On est tous le ringard de quelqu'un. Après les boomers et autres Karen moqués sur les réseaux sociaux par la génération Y, c'est au tour des Millennials de recevoir la monnaie de leur pièce. Tout ce qu'ils ont adoré, à savoir les raies sur le côté, les skinny jeans, les slogans pseudoféministes sur les tee-shirts, les musées du selfie et même les émojis qui rient aux larmes, est désormais qualifié de "cheugy" - à prononcer chew-ghee - par les Zoomers qui font et défont les tendances sur TikTok. La liste des stylish faux pas s'allonge d'ailleurs tous les jours. Et le mot cheugy lui-même serait déjà... cheugy. IWSoit, non pas une branche méconnue de la philosophie, mais plutôt le culte que les membres les plus exigeants du monde de la mode vouent à Phoebe Philo, la styliste britannique à qui l'on doit les silhouettes impeccables de Céline entre 2008 et 2018. Pointu, vous dites? Peut-être, mais pour faire semblant d'en être, rien de tel que de rejoindre les rangs de celles et ceux qui attendent le lancement de sa griffe éponyme, prévue pour début 2022 et déjà partiellement dans le giron de LVMH. KawLa génération crossover entre les Millennials et la Gen Z s'est finalement trouvé un nom: les Zillennials. Nés entre 1993 et 1998, ils peuvent s'identifier aux deux générations... ou pas. Enfants, ils regardaient les films Disney sur des DVD loués à la vidéothèque et étaient scotchés à leur lecteur MP3. Pour autant, impossible pour eux d'échanger avec les Millennials à propos de Sex and the City ou de l'Internet bas débit. Ses membres ont grandi dans les années 2000 et ont une vague expérience du 11 septembre 2001. Leur premier téléphone portable était à clapet (la Gen Z était, elle, biberonnée un iPad à la main), ils savent que les influenceurs s'appelaient autrefois blogueurs et peuvent encore se souvenir de l'époque où Rihanna avait les cheveux roux. Mais ils ne se sentent pas chez eux sur Facebook. Ni Tiktok. Pourvu que cette reconnaissance rende la crise identitaire un peu plus supportable. KhHier encore synonyme de vidéos candides où des (apprenties) influenceuses exhibent joyeusement le résultat de leur dernière expédition shopping face caméra, l'unboxing (déballage, en français dans le texte)s'offre une nouvelle identité autrement plus fastueuse cet hiver grâce à des boîtes mystère remplies de produits de luxe surprise. Le concept, dont l'entreprise britannique Heat est un des fers de lance? Payer un prix fixe (environ 500 euros) pour un colis dont la valeur supérieure est garantie par la présence de vêtements et accessoires signés Off White, JW Anderson ou encore Balenciaga. Et acheter du luxe à l'aveuglette semble être plutôt bien vu par les consommateurs puisque son fondateur a affirmé au Financial Times avoir vendu 16 000 de ses mystery boxes en un an seulement. Surprise! Le goût de l'époque peut s'apparenter à une boule de flipper dont les micro-brasseurs anticipent les rebonds. Afin de battre en brèche l'appétence pour le sucre de l'industrie agro-alimentaire, qui s'est rendu compte qu'en rajoutant ce produit dans nos aliments, elle réveillait un instinct irrépressible, les artisans du houblon ont déplacé le curseur des saveurs vers l'amertume. Jusqu'aux limites du genre, à force d'IPA, les palais se sont mis à saturer. Du coup, l'heure est à l'acidité avec une vague de sour ale, bières marquées par des notes acidulées, qui a culminé en septembre avec l'arrivée de la Tournulus, un breuvage signé par la nanobrasserie bruxelloise de l'Ermitage. L'époque des power couples d'Instagram, c'est fini! Désormais, sur TikTok et Twitter, c'est l'offline boyfriend qui s'érige comme le partenaire amoureux idéal. Soit un petit copain pas ou peu présent sur les réseaux sociaux. Pourquoi? Parce qu'il tient à sa vie privée. Parce qu'on peut espérer qu'il dépense son temps de manière plus productive. Et aussi parce que le mystère sied bien aux hommes. Quand le corps produit beaucoup de dopamine, cela crée des sentiments positifs, ce qui nous motive à reproduire certains comportements. Comme porter des vêtements dans lesquels on se sent bien, ce qui n'est pas toujours lié à la couleur d'ailleurs... Ce vestiaire "dopant" est lié à des associations personnelles plutôt qu'universelles.